ACTE OINQ1I1ÈMB
Tout cë^it à nos coups ^ et surtout a son bras ;
Nous revenions vers vous conduits par la victoire ;
Mais lui , les ^eux baissés, insensible k sa gloire.
Morne ; triste, abattu, regrettant le trépas,
11 appelle en pleurant Aldamon qui s'avance ;
Il l'embrasse, il lui parle , .et loin de nous s* élance
Aussi rapidement qii'il avait combattu.
« C'est pour jamais , dit-il : » ces mots nous laissent croire
Que ce grand chevalier, si di^e de mémoire,
Veut être k Syracuse a jamais inconnu.
Nul ne peut soupçonnq^* le dessein qui le guide.
Mais dans le même instant je. vois Aménaïde ,
Je la vois éperdue au milieu des soldats,
La mort dans les regards , pâle , défigurée;
Elle appelle Tancrède , elle vole égarée ;
Son père eu gémissant suit k peine ses pas*
Il ramène avec nous Aménaïde en larmes :
■« C'est Tancrède, dit-il , ce héros dont les armes
« Ont étonné nos yeux par de si grands exploits,
« Ce vengeur de l'état , vengeur d' Aménaïde ;
« C'est lui que ce matin , d'une commune voix ,
<c Nous déclarions rebelle et nous nommions perfide *.
(f C'est ce même Tancrède exilé par nos lois, »
Amis, quç faut^-il ùàre, et quel parti nous reste?
LOaÉBAN.
Il n'en est qu'un ppur nous , celui du repentir. Persister dans sa faute est horrible et funeste ; Un grand homme opprimé doit nous faire rougir. On condamna souvent la vertu , le mérite ; Mais quand il sont connus , il les faut honorer.