‹ Théâtre complet de Voltaire, avec notes, remarques et variantesChapitre 182 sur 275 · SCÈNE m · texte numérisé non relu

SCÈNE m

ARGIRE, AMÉNAIDE.

ARGIRE.

O ciel I tu prends pitié d'un père qui t'adore ; Tu m*as rendu ma fille , et tu me rends encore L'heureux libérateur qui nous a tous vengés.

( Amënaîde entre^)

Ma fille , un juste espoir dans nos icœurs doit renaître. J'ai causé tes malheurs , je les ai partagés; Je leâ teri^ine enfin : Tancrède va paraître. INe puis-je consoler tes esprits afiQigés ?

V^MÉNAÏDE.

Je n^e consolerai quand je verrai Tancrède, Quand ce fatal objet de l'horreur qui m'obsède Aura plus de justice , et sera sans danger. Quand j'apprendrai de vous qu'il vit sans m'outrager. Et lorsque ses Remords expieront mes injures.

ABGIRE.

Je ressens ton état; sans doute il doit t'aigrir. On n'essuya jamais des épreuves plus dures. Je sais ce qu'il en coûte , et qu^il est des blessures Dont un cœur généreux peut rarement guérir : La cicatrice en reste, il est vrai ; mais, ma fille, Nous avons vu Tancrède en ces lieux abhorré ; Apprends qu'il est chéri, glorieux , honoré; Sur toi-même il répand tout l'éclat dont il brille. Après ce quil a fait , il veut nous.faire voir^ Par l'excès de sa gloire et de tant de services , L'excès où ses rivaux portaient leurs injustices.

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