‹ Théâtre complet de Voltaire, avec notes, remarques et variantesChapitre 183 sur 275 · ACTE 'ClTiQVlkME · texte numérisé non relu

ACTE 'ClTiQVlkME

Le vulgaire est conlenl s'il remplit son devoir : fbfaut plus au héros ^ U faut que sa vaillance Aille au-delà du terme et de notre espérance : C'est ce que fait Tancrède j il passe notre espoir. Il te verm constante , il te sera fidèle. Le peuple en ta feveur s'élève et s'attendrit; Tancrède va sortir de sofa erreur cruelle; Pour éclairer ses yeux , pour caliher son esprit , Il ne faudra qu'un mot.

AMENAÎDE.

Et ce mot n'est pas dit.

Que m'importe a présent ce*peuple et son outrage, Et sa faveur crédule , et sa pitié volage. Et la publique voix que je n'entendrai pas ? D'un seul mortel, d'un seul dépend ma renommée. Sachez que votre fille «nime mieux le trépas Que de vivre un moment sans en être estimée. Sachez ( il faut enfin m'en vanter devant vous ) Que dans mon bienfaiteur j'adorais mon époux. Ma mère au lit de mort a reçu nos promesses; Sa dernière prière a béni nos tendresses : Elle joignit nos mains qui fermèrent ses yeux : Nous jurâmes par elle, a la face des cieux. Par ses mânes, par vous , vous , trop malheureux père , De nous aimer en vous, d'être unis pour vous plaire De former nos liens dans vos bras paternels. Seigneurs... les échafauds ont été nos autels. Mon amant, mon époux cherche un trépas funeste, Et l'horreur de ma honte est^out ce qui me reste. Voilk mon sort. *

ARGIRE.

Eh bien ! ce sort est réparé ; Et nous obtiendrons plus que tu n'as espéré.

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