‹ Théâtre complet de Voltaire, avec notes, remarques et variantesChapitre 211 sur 275 · ACTE TROISlfcllE · texte numérisé non relu

ACTE TROISlfcllE

5TATIBA.

Fille dëDaturëe!

Fille trop chère !

OLIUPIE.

Hëlas ! de douleurs dévorée , Tremblante à vos genoux , je les baigne de pleurs. Ma mère , pardonnez.

STATIBA.

Je pardonne... et je meurs.

OLIMPIE.

Vivez ^ ëcoutez-moi.

STATIBA.

Que veux-tu?

OLItfPIE.

Je vous jure , Par les dieux , par mon nom , par vous, par là nature , Que je m'en punirai ; qu'Oliropie aujourd'hui Répandra tout son sang avant que d'éfre a lui. Mon cœur vous est connu. Je vous ai dit que j'aime; Jugez par ma faiblesse , et par cet aveu même,* Si ce cœur est k vous, et si vous l'emportez Sur mes sens éperdus que l'amour a domptés. IVe considérez point ma faiblesse et mon âï;e i De mon père et de vous je. me sens le courage : J'ai pu les offenser^ je ne peux les trahir; Et vous me connaîtrez en me voyant mourir.

STATIRA

Tu peux mourir, dis«tu^ fille inhumaine et chère ! Et tu ne peux haïr l'assassin de ton père !

OLIMPIE.

Arrachez-moi ce cœur^ vous verrez qu'un époux , Quelque cher qu'il me fût, y régnait moins que vous; Yous y reconnaîtrez ce pur sang qui m'anime. Pour nie justifier prenez votre vÎBtime y Immolez votre fille.

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