‹ Théâtre complet de Voltaire, avec notes, remarques et variantesChapitre 22 sur 275 · ACTE nOlSIBHB · texte numérisé non relu

ACTE nOlSIBHB

Je n^en pus affiiiblir le charme inconcevable ; Le reste des mortels' me sembla méprisable. Assur, qui m'observait, ne fut que trop jalmix; Dès lors le nom d'Arzace aigrissait son courroux. Mais l'image d'Arzace occupa ma pensée > Ayant que de nos dieux la main me l'eût tracée; Ayant que cette voix^ qui commande k mon cœur, Me désignât Arzace , et nommât mon vainqueur.

OTANE.

C'est beaucoup abaisser ce superbe courage , Qui des maîtres du Gange a dédaigné Tbommage ; Qai^ n'écoutant jamais de faibles sëntimens^ Vent des rois pour sujets , et non pas pour amans. Vous avez méprisé jusqu'à la beauté méme^ Doiit l'empire accroissait votre empire suprême : Ët^vos yeux sur la terre exerçaient leur pouvoir. Sans que vous daignassiez vous> eu apercevoir. Quoi ! de Tamour cufin connaissez-vous les charmes? Et pouvez- vous passer de ces sombres alarmes Au tendre sentiment qui vous parle aujourd'hui?

séanRAMis.

Non , ce n'est point l'amour qui m'entraîne vers lui : Mon ame par les yeux ne peut être vaincre. Ne crois pas qu'à ce point.de mon rang descendue > . Écoutant dans mon trouble un charme sul>orneury Je donne k la beauté le prix de la valeur; Xe croîs sentir du moins de plus nobles tendresses. Malheureuse ! est-ce à moi d'éprouver des faiblesses , De connaître l'amour et ses fatales lois ? Oiane, que venx-lu7 je fus mère autrefois. Mes malheureuses mains a peine cultivèrent Ce fruit d'un triste hymen que les dieux m'enlevèr<ent ^ Seule, en proie aux chagrins qui venaient m'alarmcr, N'ayant autour de moi rien que je pusse aimer. Sentant ce vide afireux de ma grandeur suprême , M'arrachant à ma cour et m'évitant inoi*même. J'ai cherché .le repbs dans ces. grands monumens. D'une ame qui se fuit trompeurs amusemens. Le repos m'échappait^ je sens que je le ti^ouvej Je m'étonne en secret du charme que j'éprouve:

VOLTAII£« TOME 111. 5

So siMiftAMfs*

Arzacc me Hent lieu d'un ^poux et d'tm Ûls, Et de tous mes travaux , et du mbnde soumis. Que je vous dois d'eticens y 6 puissance céleste ! Qui, me forçant de prendre un joug jadis funeste ^ Me préparez au kœud que j'avais abhorré ; En m' embrasant d'un feu par vous-même inspii'é !

OTAIOE.

Mais vous avez prévu la douleur et la rage Dont va frémir Assur a ce nouvel outrage ; Car enfin if se flatte , et la commune voix A fait tomber sur lut rhonneiir de votre choix : Il ne bornera pas son dépit k se plaindre.

Je ne l'ai point trompé ^ je ne veux pas le craindre. J'ai su quinze ans entiers, quel que fût son projet. Le tenir dans le rang de mon premier sujet : A son ambition « pour mOi toujours suspecte. Je prescrivis quinze ans les bornes qu'il respecte. Je régnais seule alors', et si ma faible main Mit à ses vœux hardis ce redoutable frein , Que pourront désormais sa brigue et son audace Contré Sémiramis unie avec Arzace ?

Oui, je crois que Tfinus, content de mes remords > Pour presser cet hymen quitte le sm des morts. Sa grande ombre en effet , déjk trop offensée , Contre Sémiramis serait tfop courroucée; Elle verrait donner^ avec trop de douleur. Sa couronne et son Ht a son empoisonneur. Du sein de son tombeau voilk ce qui Tappelle^ Les oracles d'Ammon s'accordent avec elle ; La vertu d'Oroës ne me fait plus trembler; Pour entendre tiiçs lois je l'ai fait appeler; Je l'attends*

oTAim.

Son crédit, son sacré cttractëlre , Peut appuyer le choix que vous prétendes faire.

' séioaAMis.

Sa voix achèvera de rassurer mon conir.

Il vient.

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