‹ Théâtre complet de Voltaire, avec notes, remarques et variantesChapitre 221 sur 275 · SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

SCÈNE VIII

OLIMPIE, L'HIÉROPHANTE , Prêtres, Prbtresses.

OLIMPIE.

Pontife ,011 courez-vous ? protégez ma faiblesse. Vous tremblez ! . . . vous pleurez !. . .

l'hiérophante.

Malheureuse princesse !

Je fleure votre état,

OLIMPIE.

Ah ! soyez- en Tappui.

i/hiérophante.

Résignez-vous au ciel ^ vous n'avez plus que lui.

OLIMPIE.

Hélas! que dites-vous?

l'hiérophante.

O fille auguste et chère !

La veuve d'Alexandre....

OLIMPIE.

Ah! justes dieux !.... ma mèrel Ehbien?...*

l'hiérophante.

Tout est perdu. Les deux rois furieux , Foulant au pieds les lois , armés contre les dieux y Jusque dans les parvis de l'enceinte sacrée Encourageaient leur troupe au meurtre préparée. Déjà coulait le sang ; déjà , le fer en main , Gassandre jusqu'à vous se frayait un chemin : J'ai marché contre lui;, n'ayant pour ma défense Que nos lois qu'il oublie , et nos dieux- qu'il offense* Votre mère éperdue, et s'offrant à ses coups, L'a cru maître à la fois et du temple et de vous: Lasse de tant d'horreurs, lasse de tant de crimes > Elle a saisi le fer qui frappe les victimes , L'a plongé dans ce flanc où le ciel irrité Vous fit puiser 1^ vie et la calamité.

3g8 o&iMPiE.

OLIMPIB I tombant entre lee brat d'uaeî prêtrctie.

Je meurs... soutenez*moi... marchons... Vit-elle encore?

l'hiérophante.

Gassandre est a 9és pieds; il gëmtt , il l'implore ; Il ose encor prêter ses funestes secours Aux innocentes mains qui raniment ses jours ; Ils^ëcrie, ils'aceuse, il jette au loin ses armes.

OLIMPIE , »« relerant.

Gassandre k ses genoux !

l'hiérophante.

Il les baigne de larmes.

A ses cris i k nos yoix elle rouvre les yeux; Elle ne voit en lui qu^un inonslre audacieux , Qui lui vient arracher les restes de sa vie. Par cette main funeste en tout temps poursuivie : Faible^ et se soulevant par un dernier efibrt , Elle tombe, elle touche au moment de la mort; Elle abhorre a la fois Gassandre et la lumière ; Et levant k regret sa débite paupière , « Allez , m'a-t-elle dit , ministre infortune « D'un temple malheureux par le sang profane , « Gonsolez Olimpie. Elle m'aime , et j'ordonne « Que pour venger sa mère elle dpouse Antigonc. »

OLIMPIE.

Allons mourir près d'elle... Exaucez-moi , grands dieux! Venez, guidez mes pas,, venez fermer nos yeux.

l'hiérophante.

Armez-vous de courage , il doit ici paraître.

OLIMPIE.

J'en ai besoin, seigneur.., et j'en aurai peut-être.

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