‹ Théâtre complet de Voltaire, avec notes, remarques et variantesChapitre 222 sur 275 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

ANTIGONE , HERMAS, dan. le përûtyle.

HERMAS

La pitië doit parler, et la vengeance est vaine; Un rival malheureux n'est pas digne de haioe.

ÀCfE G11VQQISME. 39g

Fuyez ce lieu funeste : Oliiupie aujourd'hui , Seigneur^ sera perdue et pour vous et pour lui.

AIfTXOOIVE.

Quoi ! Statira n'est plus !

HEfiJIAS.

C'est le sort de Cassandre D'être toujours funeste au grand nom d'Alexandre» Statira , succombant au poids de sa douleur , Dans les bras de sa fille expire avec horreur } La sensible 01impie> k ses pieds étendue. Semble exaler son ame a peine retenue.

hes ministres des dieux ^ les prêtresses en pleurs , En mêlant leurs regrets accroissent leurs douleurs. Cassandre épouvante sent toutes leurs atteintes ; Le temple retentit de sanglots et de plaintes: On prépare un bûcher, et ces vains ornemens Qui rappellent la mort aux regards des vivans. On prétend qu'Ol impie en ce lieu solitaire Habitera Tasile où s'enfermait sa mère; Qu'au monde, k l'hyménée arrachant ses beaux jours , Elle consacre aux dieux leur déplorable cours ; Et qu'elle doit pleurer dans l'éternel silence Sa iamille, sa mère, et jusqu'à sa naissance.

ANTIGONE

Non y non ; de son devoir elle suivra les lois :

J'ai sur elle k la fin d'irrévocables droits ;

Statira me la donne; et ses ordres suprêmes»

Au moment du trépas , sont les lois des dieux mêmes.

Ce forcené Cassandre et sa funeste ardeur

Au sang de Statira font une juste horreur.

HEKMIS.

Seigneur, le croyez»vous7

ANTIGONE

Elle-même déclare Que son cœur désolé renonce k-ce barbare. S'il ose encor l'aimer, j'ai promis son trépas: Je tiendrai ma parole , et tu n'en doutes pas.

' HERMAS

Mêleriez- vous du sang aux pleurs qu'on toH répandre Aux flammes du bûdier , k cette auguste cendre?

400 OLIMPIS.

Frappëâ d'un saint respect ^ sachez que vos soldats Reculeront d'horreur^ et ne vous suivront pas.

AirUGOITE.

Non y je ne puis troubler la pompe fvnëraire ;

J'en ai fiait le serment ; Gassandre la révère.

Je sais qu'il est des lois qu'il me faut respecter;

Que pour gagner le peuple il le faut imiter. Vengeur de Statira, proctecteur d'Olimpie , Je dois ici l'exemple au reste de l'Asie. Tout parle en ma faveur , et mes coups difierës En auront plus de force et sont plus assures.

(Le temple s'oarre.)

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