‹ Théâtre complet de Voltaire, avec notes, remarques et variantesChapitre 244 sur 275 · FULVIE , ALBINE , AUFIDE · texte numérisé non relu

FULVIE , ALBINE , AUFIDE

ALBINE

Madame, espérez tout; Pompée est à Césène: Mille Romains enfouie ont devancé ses pas; Son nom et ses malheurs- enfantent des soldats; On dit qu'à'la valeur joignsint la diligence. Dans cette île barbare il porte la vengeance ;

438 ïM UMVMTIBAT.

Que les trois assassins k lear tour sont pfc-oscrits , Que de leur sang impur on a fixé le piix* On dit que Brutus même avance vers le Tibre, Que la terre est veiig^, et qu'enfin Home est libre. Déjà dans tout le camp ce bruit s'eat répandu. Et le soldat murmure^ on demeure éperdu.

FOLYÏB.

On en dit trop, Albine; un bien si dësn^ble. Est trop prompt et trop grand pour être vraisemblable; Mais ces rumeurs au moins peuvent me consoler. Si mes persécuteurs apprennent à trembler.

AUFIDE

11 est des fondemens à ce bruit pdputaîre. Un peu de vérité fait l'erreur du vulgaire. Pompée a su tromper le fer des assassins , C'est beaucoup ; tout le reste est soumis aux destins. Je sais qu'il a marcbé vers les murs de Césène; Oe son départ au moins \a nouvelle est certaine ; Et le bruit qu'on répand nous confirme aujourd'hui Que les cœurs des Romains se sont tournés vers lui. Mais son danger est grand; des légions entières Marchent sur son passage , et bordent les frontières ; Pompée est téméraire > et ses rivaux prudens.

FDLVIB.

La priudenoe est surtout nétessairc aux néobans ;

Mais sonveBt on h trompe : un heureux lémtfraire

Confond en agissant celui qui délibère.

Enfin Pompée approche. Unis par la fureur ,

Nos communs intérêts m'annoncent un vengeur.

Les révolutions fatales ou prospères

Du sort qui conduit toul so«t tes }eux ordinaires :

La fortune k nos yeux fit monter sur son char

SyUa, deux Marius, et Pompée., et César;

Elle a précipité ces foudres de la guerre ^

De leur sang t^ur a tour elle a ro^igi la teirre.

Rome a cban^ de lois i de tyrans et de fers*

Déjk nos triumvirs éprouvent des revers.

Cassius et Brutus menacent l'Italie.

J'irai chercher Pompée aux sables de Libye.

▲CTI SBeONB« 4^9

Après mes deux affronts indignement soufferts , Je me consolerais en troublant l'univers. Rappelons et l'Espagne et la Gaule irritée A cette liberté que j'ai persécutée ; Puissé-je dans le sang de ces monstres lieureux Expier les forfaits. que j'ai commis pour eux ! Pardonne, Cicéron» de Rome heureux génie, Mes destins t'ont vengé, tes bourreaux m'ont pimie: • Mais je mourrai contente , en des malheurs si grands , Si je meurs conlme toi le Ûéau des tyrans.

( A Au£de. )

Avant que de partir, tftchex de vous iuslruîre Si de quelque espérance un rayon peut nous luhre. Profitez 4^ momena où les soldats troublés Dans le camp des tyrans paraissent ébranlés. Annoûcez-leur Pompée ; à ce grand nom peut-être Us se repentiront d'avdir un autre maftre. Allez.

(Ici an Toit d«as i'oiibacenenl JuIm couchée entre des rochera. )

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