‹ Théâtre complet de Voltaire, avec notes, remarques et variantesChapitre 251 sur 275 · SCÈNE ilL · texte numérisé non relu

SCÈNE ilL

IK>MPÉE, AUFIDE, JTTLÎE.

JOLIE

Que faites-vous 7 Où porlez-vous vos pas ? Ou vous cherciie , on poursuit tous ceux que cet orage Put jeter comme moi sur cet affVeux rivage. Votre père en Egypte , aux assassins livre , D'ennemis plus sanglans n'était pas entoure. L'amitié de Fulvie est funeste et cruelle j C'est un danger de plus qu'elle traîne après elle : On l'observe, on l'épie^ et tout me fait trembler; Dans ces horribles lieux je crains de .vous parler. Regagnons ces rochers et ces cavernes sombres Où la nuit va porter Ses favorables ombres.

44^ U tBIUMTIBlT.

Demain les 'trois tyrans , aux premiers traits dujour^ Partent avec là mort de ce fatal séjour; Ils vont loin de vos yeux ensanglanter le Tibre. Ne précipitez rien , demain- vous êtes libre.

POMPES

Noble et tendre moitié d'un guerrier malheureux . -

O vous ! ainsi que Rome objet de tous mes voeux !

Laissez-moi m'opposer au destin qui m'outrage.

Si j'étais dans des lieux dignes de mon courage y

Si je pouvais guider nos braves légions

Dans les camps de Brutus , ou dàHs ceux des Gâtons,

Vous ne me verriez pas attendre de Fui vie

Un secours incertain contre la tyrannie.

Les dieux nous ont conduits dans ces Sanglans déserts ;

Marchons aux^uls sentiers que ces dieux m'ont ouverte.

JOLIE

Octave en ce moment doit entrer chez Fulvie^ Si vous êtes connu , c'est fait de votre vie.

A€FIDB.

Seigneur, craignez plutôt d!être ici découvert; Aux tribuns , aux soldats ce passage est ouvert^ Entre ces deux dangers que prétendez-vous faire ?

• JGIilB.

Pompée , au nom des dieux j. au nom de votre père ,

Dont le malheur vous suit , et qui ne s'est perdu

Que par sa confiance ef son trop de vertu ,

Ayez quelque pitié d'uné'épouse «larmée !

Avons-nous un jtarti , des amis^ une armée?

Trois monstres toul-puissans ont détruit les Romains ;

Vous êtes seul ici contre mille assassins....

Ils viennent, c'en est fait , et je les vois paraître.

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