‹ Théâtre complet de Voltaire, avec notes, remarques et variantesChapitre 257 sur 275 · acte troisieme · texte numérisé non relu

acte troisieme

octave:

AJlez, je vous entends; Et j'avais bien prévu vos refus insultans. Un rival criminel > une rAce ennemie*..

muE.

Qui?

OCTAVE. • -

Vous le demandez ! vous saveàs trop, Julie, Quel est depuis long- temps Pobjet de mon coun'oux , Et Pompde ...

JULIE*

Al)! cruel, quel nom prononcez-vous ?J Pompée est loin de moi : qui vous dit que je l'aime?

OCTAVE

Qui me le dit? vos pleurs : qui me le dit? vous-même. Pompée est loin de vous et vous le regrettez! Vous pensez m'àdoucir lorsque vous m^insultez ! Lorsque de Rome enfin votre imprudente fuite Du sein de vos parens vous entraîne k sa suite.

JULIE

Ainsi vous ajoutez l'opprobre à vos fureurs,. Ab! ce n'est pas à vous à m'enjseijgner les mœurs. Je ne suis point réduite k tant d'ignominie ! Et ce n'est pas pour vous que je me justifie. J'ai quitté mon pays que vous ensanglantez. Mes parens et mes dieujc que vous persécutez. J'ai dû sortir de Rome où vous alliez paraître^ Mon père l'ordonnait , vous le savez peut-être; C'est vous que ^e fuyais; mes funestes destins. Quand je vous évitais, m'ont remise en vos mains. Commandez, s'il le faut , à la terre asservie; Mon cœur ne dépend point de votre tyrannie. Vous pouvez tout sur Rome, et rien sur mon devoir.

OCTAVE

Vous ignorez me» droits , ainsi que ipon pouvoir. Vous vous trompez , Julie , et vous pourrez apprendre Que Lueius sans moi ne peut cbotsjr un gendre f . Que c'est à moi surtout que l'on doit obéir. Déjà Rome m^attend^ soyez prête k partir. .

454 u nimmiÀT.

Yoil» donc œ grmd cœur , ce héros magnaaime , Qui du inonde caimë veut mériter Testime! Voilà ce règne heuFcnx de paix et de douceur ! n fut un meurtrier, il devifnftmvisseur!

OCTAYB.

11 est juste envers vous; mais, quoi qu'il en puisse être (e); Sachez que le mépris n'est paa fait ppar un maître. Que vous aimiez Pompée , ou qu'un autre rWal Encouragé par vous cherche Thonoeur fetal D'oser un seul moment disputer ma conquête , On sait si je me venge) il y va de sa tête : C'est un nouveau proscrit que j^e dois condanmer; Et je jure par vous de ne point pardonner.

jnxjK.

Moi^ j'atteste ici Rome et son divin génie.

Tous ces héros armés contre la tyrannie. Le pur sang des Césars; et dont vous n'êtes pa« , Qu'à vos proscriptions vous joindrez mon trépas , Avant que TOUS forciez cette ame indépendante A joindre une main pure à. votre main sanglante. Les meurtres que dans Rome ont commis vos fureurs Oe celui que- j'attends sqnt les avant^oureurs. Un nouvel Appius a trouvé Virginie; • Son sang eut des vengeurs; il fut une patrie; Rome suhnste enoor^ Les femmes ea tout. temps Ont servi dans nos murs à punir les tyrans. Les rois , vous le savez , furent chassés pour elles. Nouveau Tarquia , tremblez !

(Slto sort.)

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