‹ Théâtre complet de Voltaire, avec notes, remarques et variantesChapitre 26 sur 275 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

SEMIRAMIS , ARZACE , AZËMA.

ARZACK.

O reine , a vous servir ma vie est consacrée :

Je vous devais mon sang; et quand je l'ai versé,

Puisqu'il coula pour vous, je fus récompensé.

Mon pire avait joui de quelque renommée;

Mes yeux l'ont vu mourir, commandant votre armée ;

Il a laissé , madame, 4 son malheureux 61s

Des exemples frappans , peut-être mal suivis.

Je n^ose devant vous rappeler la mémoire

Des services d'un père et de sa faible gloire ,

Qu'afin d'obtenir grâce a vos sacrés genoux ,

Pour un fils téméraire , et coupable envers vous,

Qui de ses vœux hardis écoutant l'imprudence ,

Craint même en vous servant de vous faire une offense.

SEMIRAMIS

Vous, m'offenser? qui , vous ? ah! ne le craignez pas.

ARZACt.'

Vous donnez votre main, vous donnez vos états.

54 ^iMIttAMiS.

Sur ces grands intérêts , sur ce choix que vous faites >

Mon cœur doit renfermer ses plaintes indiscrètes :

Je dois dans le silence , et le front prosterné ,

Attendre, avec cent rois, ^'un roi nous soit donné.

Mais d'Assur hautement le triomphe s'apprête ;

D'un pas audacieux il marche à sa conquête;

Le peuple nomme Assur ; il est de votre sang :

Puisse-t-il mériter et son nom et son rang l

Mais enfin je me sens l'ane trop élevée

Pour adorer ici k main quje j'ai bravée ,

Pour me voir écrasé de son oi^ueii jaloux.

Souffrez que loin de lui , malgré moi loin de vous ,

le retourne aux climats où je vous ai servie.

J'y suis assez puissant contre sa tyrannie.

Si des bienÊiits nouveaux dont j'os[e me flatter....

ffiÉMIRÀMIS.

Ah! que m'avez-vous dît? vous , fuir? vous me quitter? Vous pourriez craindre Assur?

ARZACK.

• Non ; ce coeur téméraire Craint dans le monde entier votre seule colère, ^eut-être avez-vous su mes désirs orgueilleux :. Votre indignation peut confondre mes vœux. Je tremble.

SÉMIAAMIS.

Espérez tout; je vous ferai connaître Qu'As3ur en aucun temps ne sera votre maître.

A&ZAGH.

£h bien! je l'avouerai , mes yeux avec horreur De votre époux en lui verraient le successeur. Mais s'il ne peut prétendre k ce grand byménée , Yerra-t-on k ses lois Azéma destinée?

Pardonnez à l'excès de ma présomption; Ne redoutez-vous point sa sourde ambition? Jadis k Ninias Azéma fut unie ; C'est dans le m^me sang qu^Assur puisa la vie; Je ne suis qu'un sujet, mais j'ose contre lui..«.

siamuMis.

Des sujets tels que vous sont mon plus noble appui.

ACTB TAOISIBBIB. 55

Je sait vos senlimens; votre ame peu commune Chérit Sëmiramis , et non pas ma fortupe. Sur mes vrais inléréls vos yeux sont éclairés ; Je vpus en fais l'arbitre» et vous les soutiendrez. D'Assur et d*Azëma je romps l'intelligeiipe ; J*ai prévu les dangers d'un/s telle alliance; • Je sais tous ses projets» ils seront confondus.

AREACB. # '

Ah! puisque ainsi mes vœux sont par vous entendus» Puisque vous avez lu dans le fond de mon ame«—

AZKMA arrive prëcipitamnciit. *

Reine» j'ose k vos pieds....

SÉMiBAXIS f. releTant Azëna.

Rassurez- VOUS • madame:

Quel que soit mou époux , je vous garde eu Ces lieox Un sort et des honneurs dignes de vos aïeux. Destinée a mon fils » vous m*|tes toujours chère ^ Et je vous vois encoi'e avec des yeux de mère. Placez- vous Tun et l'autre avec ceux que ma voix A nommés pour témoins de çnon auguste choix.

( A Armcek )

Qtie l'appui de l'état se range auprès du trône.

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