‹ Théâtre complet de Voltaire, avec notes, remarques et variantesChapitre 27 sur 275 · SCÈNE VL · texte numérisé non relu

SCÈNE VL

( Xe cabinet o^ étMit Sëmiramia lait place i im ffnnd saloa magnifiqaemeBt oriië. Fluaieun ofEciers, avec le« marquée df lean dignitée , sont «ur des gradins. Un trône est place an milieu du salon. Les satrapes sont anpr^ du trdne. Le grand-prêtre entre «rec lee magee* Il ae place deboat entre Amut et Arxaee. La reine «•t au milieu avec Aséma et see femmes. Pet gardes occupent Ih fond du salou. )

OEOca* Princes» mages, guerriers « soutiens de Babylcme» Par l'ordre de la reine en ces lieux rassemblés , Les décrets de nos dieux vous seront révélés: Ils veillent sur Tempire ; et voici la journée Qu'k de grands changemens ils avaient destinée* Quel que soit le monarque et quel que soit l'époux Que la reine ait choisi pour l'élever sur nous« C'est k nous d'obéir.... J'apporte au nom des magei jCe que }e dois aux rois, des voeux al des bommBjfe»,

56 5BHIBÂBflS.

Des souhaits poui* leur gloire , et surtout pour rclat. Puissent ces jours nouveaux de grandeur et d'ëclat JV'étre. jamais cLangés en des jours de te'nèbres, ^i ces chants d'allégresse .en des plaintes funèbres î

Pontife , et vous , seigneurs , on va nommer un roi :

Ce grand choix ^ tel qu'il soit, peut n'ofiènsêr que moi.

Mais je naqiu| sujette, et je le suis encore;

Je m'abandonne aux soins dont la reine m'honore :

£t sans oser prévoir un sinistre avenir,

Je donne k ses sujçts l'exemple d^obéir.

ASSUR

Quoi qu'il puisse arriver , quoi que le ciel décide , Que le bien de l'état h ce grand jour préside. Jurons tous par ce trône , et par Sémiramis, D'être a ce choix auguste aveuglément soumis > D*obéir sans murmure au gré de sa justice.

ARZACE.

Je le jure ; et ce bras armé pour son service 9 Ce cœur a qui sa voix commande après les dieux , Ce sang dans les combats répandu sous ses yeux. Sont k mon nouveau maître avec le même zèle Qui sans se démentir les anima pour elle.

OHOÈS.

De la reine et des dieux j'attends les volontés.

. SÉMIRAMIft.

Il suffît; prenez place; et vous, peuple, écoutez.

(Elle s'assied sur le trône. Azëma, Assur, le grand-prêtre, Aizace, prennent leurs places ; elle continue : )

Si la terre , quinze ans de ma gloire occupée , Révéra dans ma main le sceptre avec l'épée , Dans cette même main qu*un usage jaloux Destinait au- fuseau sous les lois d'un époux; Si j'ai , de mes sujets surpassant l'espérance , De cet empire heureux porté le poids imn^ense , Je vais le partager, pour le mieux maintenir, Pour étendre sa gloire aux siècles k venir, - Pour obéir aux dieux, dont l'ordre irrévocablç Fléchit ce cœur altier si long-temps indomptable.

ACtlt MOISlkME. ^7'

Ils m'ont àié mon fils; puissent-ils m'en donner

Qui , dignes de me suivre et de vous gouverner ,

Marchant dans les sentiers que fraya mon courage >

Des grandeurs de mon règne éternisent l'ouvrage !

J'ai pu choisir, sans doute , entre des souverains ;

TAmsf ceux dont les ëtats entourent mes confins ,

Ou sont mes ennemis -, ou sont mes tributaires :

Mon sceptre n'est point fait pour leurs maii4Mtrangères;

Et mes premiers sujets sont plus grands k mes yeux

Que tous ces rois vaincus par moi-même ou par eux..

Bëlus naquit sujet ; s'il eut le diadème ,

II le dut a ce peuple , il le dut k lui-même.

J'ai par les mêmes droits te sceptre que je tiens.

Maîtresse d*un état plus vaste que les siens.

J'ai range sous vosjois vingt peuples de l'Aurore,

Qu'au siècle de Belus on ignorait encore.

Tout ce qu'il entreprit, je le sus achever.

Ce qui fonde un état le peut seul conserver.

n vous faut un hëros digne d'un tel empire ,

Digne de tels sujets, et , si j'ose le dire.

Digne de cette main qui va le couronner.

Et du coeur indompté que je vais lui donner.

J'ai consulté les lois, les maîtres du tonnerre ,

L'intérêt de l'état, l'intérêt de la terre-;

Je fais le hien du monde en nommant un époux.

Adorez le héros qui va régner sur vous;

Voyez revivre en lui les princes de ma race.

Ce héros, cet époux, ce monarque est ar^agb.

( Elle descend du trône , et tout le monde se lère. )

AZÉMA

Arsace! ô perfidie!

ASSUR

O vengeance I à fureurs F

ABZACB À Azéma.

Ah! cEoyez....

OKO'ks.

Jusle«ciel! écartez ces horreurs!

. siviRAMISi a^an^m sur I^ scène et s'adressant aux inagct.

Vous qui sanctifiez de si pure5 tendresses , Venez sur les autels garantir nos promesses ;

TO&TAIEB. TOWE IIIi ^«

&8 siaiiftAiiis.

Pf inus et Niaias tqus sont rendus en luL

(La tomiierf*groad«, et le tombeau panit s'ëWavkr. ) Ciel , qu'eskrce qi|« l'eatl^adsP

OROES.

Oieuz ! soyee notre a[^i.

aéBfIRAMU.

Le ciel tonna sur nousi estf«e ÊiTeur, ou haine? GiAce» dieusc Uiut«>puîssans ! qu'Ansace me robtiénne. Quels funèbres acçens redouUîent mça terreurs i La tombe sTost ouivecte ; il paraît... * Ciel!. — je meurs....

( Jaosabt» de ^niu«ort de «oa tojnbeaa.) ASSUfl.

L'ombre de Pfinus même I ô dieux l esl-il possible! Ëh bien] qu'ordonnes-tu? parle- nous ^ dieu terrible.

ASSOl. .

Parle.

SÉMIRAMIS

Yeux-iu me perdre ?- ou veui-iu pardonner? C'est ton sceptre et ton lit; que je viens de donner f Juge si ce héros est digne de ta place. Prononce. J'y consens.

&*09IB&H à, Arsace.

Tu régneras , Arsace ; Mais il est des fàrfaiu que tu dois expier» Dans ma tombe , k ma cendre il iaut saorifier. Sers et mon fils et moi ; souvJieBS^toi de (on père; Écoute le pontiJPe*

ASfiUE.

Ombre que je révère , Demi-dieu dont l'esprit anime ces climats , Ton aspect m'encourage et ne m'étonne pas. Oui, j'irai dans ta tombe au péril de ma vie. Achève 5 qui veux-tu que ma main sacrifie?

(L'ombre retourne de son estrade à la porte da tombeau.)

Il s'éloigne , il nous fuit !

SilORAltlS.

Ombre de mon époux ^ Permets qu'en ce tombeau j'embrasse tes genoux i Que m^ regrets. (

itii

l'ombre, à 1« porte du tombeaiK

Arrête^ et respecte ma cendre ; Quand il en sera temps, je t'y ferai descendre. (ht spcctr» rentre, ei le inansolëe se referme,)

Quel horrible prodige!

SÉMmAMIS.

O peuples , sairez-moi , Venez tous dans ce temple , et calmez votre effroi. Les mânes de Minus ne sont point implacables; S'ils protègent Arzace , ils me sont favorables t Cest le del qui m'inspire , et qni vous donne un roi : Venez tous l'implorer pour Arzace et pour moi.

Page 1