SÉMIRAMIS, AZÉMA
AZEUA.
Madame , pardonnez^ si y sans être appelée » De mortelles frayeurs trop justement troublée , Je viens avec transport embrasser vos genoux.
-SÉMIRAMIS
Ab> princesse! parlez , que me demandez-yous ?
AZÉMA
D'arcftcber un béros au coup qui le menace > De prévenir le crime , et de sauver Arzace.
SÉMIRAMIS
Arzace? lui! quel crime?
AZÉMA
Il devient votre époux; 11 me trabitj n'importe , il doit vivre pour vous.
SÉMIRAMIS»
Lui f mon époux? grands dieux!
AZÉMA
Quoi! Pbymen qui vous lie...
SÉMIRAMIS
Cet hymen est affreux , abominable» impie. Arzace! il est.... parlez; je frissonne; acbevez : Quels dangers... ? bâtez-vOus....
AZÉMA
Madame , vous savez Que peut* être au moment que ma voix vous implore....
SÉMIRAMIS
Ëhbîen?
AZÉMA
Ce demi-dieu 9 que je redoute encore > D'un secret sacrifice en doit êti^e bonpré . Au fond du labyrinthe k Ninus consacré. . J'ignore quels forfaits il faut qu'Arzace expie.
' SÉMIRAMIS
Quels forfaits» justes dieux!
TBÉATRlC. TOME III. 4
74 * SBIilBAHIS.
AZEMA.
Cet Assur, cet impie.
Va yiolet la tombe où nul n'est introduit.
SÉMIBAMIS.
Qui? lui?
AZEMA.
Dans les horreurs de la profonde nuit.
Des souterrains secrets , où sa fureur habile A tout événement se creusait un asile , t Ont servi les desseins de ce monstre odieux;
Il vient braver les morts , il vient braver les dieux : D'une main sacrilège , aux forfaits enhardie , Du généreux Ai^zace il va trancher la vie.
SÉMIRAMIS
O ciel ! qui vous l'a dit? comment? par quel détour P
AZÊIMA.
Fiez-vous a mon cœur éclairé par l'amour;
J'ai vu du traître Assur la haine envenimée,
Sa faction tremblante, et par lui ranimée ,
Ses amis rassemblés^ qu'a séduits sa furetu*.
De ses desseins secrets j'ai démêlé l'horreur;
J'ai feint de réunir nos causes mutuelles;
Je l'ai fait épier par des regards fidèles :
Il ne commet qu'h lui ce meurtre détesté ;
n marche au sacrilège avec impunité.
Sûr que dans ce lieu saint nul n'osera paraître ,
Que l'accès en est même interdit au grand-prêtre,
n y vole : et le bruit par ses sorin6 se répand
Qu'Arzace est la victime , et que la mort l'attend ;
Que Ninus dans son sang doit laver son injure.
On parle au peuple,aux grands, on s'assemble ^on nnimuire.
Je crains ISinus , Assur, et le ciel en courroux.
. SÉBUaAMIS.
£h bien! chère Azéma , ce ciel parle par vous : Il me'sujQSit. Je vois ce qui roe reste k faire. On peut s'en reposer sur le ceear d'une raère. Ma fille j no^Mestîns a la Ibis sont remplis; Défendez TOtre époux , je vais «mver .mon fiU.
ACTB ClMQITlàHE, 7 5
AZÉMA
Ciel !
SEMIRAHIS.
Prête b l'épouser , les dieux m'ont ëclairëe ; Ils ÎDspirent encore une mëre ëplorëe : Maïs les momens sont cfaers. Laissez- moi dans ces lieux; Ordonnez en mon nom que les prêtres dés dieux, Qoe les chefs de l'ëtat viennent ici se rendre. ( Azéma passe dans le vestibule du temple ; Sëœlraiiiis , de Fautre côté , s'avance vers le mansotëe. )
Ombre de mcm ëpoQX , je vais venger ta tendre. Voici l'instant fatal où ta voix ni'ft promis Que Taccès de ta tombe allait m'étre permis : J'obëirai ; mes^mains qui guidaient des armées , Pour^secourir mon fib a ta voix sont armëes. Venez, gardes du trône 9 accourez k ma voix; D'Ârzace désormais reconnaissez les lois : Arzace est votre roi ; vous n'avez plus de reine ; Je dépose en &t& mains la grandeur souveraine. Soyez ses défenseurs ainsi que ses sujets. Allez.
( Les gardes se rangent au fond de la scène.)
Dieux tout'puissansy secondez mes projets! ( Elle entre dans le tombeau.)