‹ Théâtre complet de Voltaire, avec notes, remarques et variantesChapitre 34 sur 275 · SÉMIRAMIS, AZÉMA · texte numérisé non relu

SÉMIRAMIS, AZÉMA

AZEUA.

Madame , pardonnez^ si y sans être appelée » De mortelles frayeurs trop justement troublée , Je viens avec transport embrasser vos genoux.

-SÉMIRAMIS

Ab> princesse! parlez , que me demandez-yous ?

AZÉMA

D'arcftcber un béros au coup qui le menace > De prévenir le crime , et de sauver Arzace.

SÉMIRAMIS

Arzace? lui! quel crime?

AZÉMA

Il devient votre époux; 11 me trabitj n'importe , il doit vivre pour vous.

SÉMIRAMIS»

Lui f mon époux? grands dieux!

AZÉMA

Quoi! Pbymen qui vous lie...

SÉMIRAMIS

Cet hymen est affreux , abominable» impie. Arzace! il est.... parlez; je frissonne; acbevez : Quels dangers... ? bâtez-vOus....

AZÉMA

Madame , vous savez Que peut* être au moment que ma voix vous implore....

SÉMIRAMIS

Ëhbîen?

AZÉMA

Ce demi-dieu 9 que je redoute encore > D'un secret sacrifice en doit êti^e bonpré . Au fond du labyrinthe k Ninus consacré. . J'ignore quels forfaits il faut qu'Arzace expie.

' SÉMIRAMIS

Quels forfaits» justes dieux!

TBÉATRlC. TOME III. 4

74 * SBIilBAHIS.

AZEMA.

Cet Assur, cet impie.

Va yiolet la tombe où nul n'est introduit.

SÉMIBAMIS.

Qui? lui?

AZEMA.

Dans les horreurs de la profonde nuit.

Des souterrains secrets , où sa fureur habile A tout événement se creusait un asile , t Ont servi les desseins de ce monstre odieux;

Il vient braver les morts , il vient braver les dieux : D'une main sacrilège , aux forfaits enhardie , Du généreux Ai^zace il va trancher la vie.

SÉMIRAMIS

O ciel ! qui vous l'a dit? comment? par quel détour P

AZÊIMA.

Fiez-vous a mon cœur éclairé par l'amour;

J'ai vu du traître Assur la haine envenimée,

Sa faction tremblante, et par lui ranimée ,

Ses amis rassemblés^ qu'a séduits sa furetu*.

De ses desseins secrets j'ai démêlé l'horreur;

J'ai feint de réunir nos causes mutuelles;

Je l'ai fait épier par des regards fidèles :

Il ne commet qu'h lui ce meurtre détesté ;

n marche au sacrilège avec impunité.

Sûr que dans ce lieu saint nul n'osera paraître ,

Que l'accès en est même interdit au grand-prêtre,

n y vole : et le bruit par ses sorin6 se répand

Qu'Arzace est la victime , et que la mort l'attend ;

Que Ninus dans son sang doit laver son injure.

On parle au peuple,aux grands, on s'assemble ^on nnimuire.

Je crains ISinus , Assur, et le ciel en courroux.

. SÉBUaAMIS.

£h bien! chère Azéma , ce ciel parle par vous : Il me'sujQSit. Je vois ce qui roe reste k faire. On peut s'en reposer sur le ceear d'une raère. Ma fille j no^Mestîns a la Ibis sont remplis; Défendez TOtre époux , je vais «mver .mon fiU.

ACTB ClMQITlàHE, 7 5

AZÉMA

Ciel !

SEMIRAHIS.

Prête b l'épouser , les dieux m'ont ëclairëe ; Ils ÎDspirent encore une mëre ëplorëe : Maïs les momens sont cfaers. Laissez- moi dans ces lieux; Ordonnez en mon nom que les prêtres dés dieux, Qoe les chefs de l'ëtat viennent ici se rendre. ( Azéma passe dans le vestibule du temple ; Sëœlraiiiis , de Fautre côté , s'avance vers le mansotëe. )

Ombre de mcm ëpoQX , je vais venger ta tendre. Voici l'instant fatal où ta voix ni'ft promis Que Taccès de ta tombe allait m'étre permis : J'obëirai ; mes^mains qui guidaient des armées , Pour^secourir mon fib a ta voix sont armëes. Venez, gardes du trône 9 accourez k ma voix; D'Ârzace désormais reconnaissez les lois : Arzace est votre roi ; vous n'avez plus de reine ; Je dépose en &t& mains la grandeur souveraine. Soyez ses défenseurs ainsi que ses sujets. Allez.

( Les gardes se rangent au fond de la scène.)

Dieux tout'puissansy secondez mes projets! ( Elle entre dans le tombeau.)

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