‹ Théâtre complet de Voltaire, avec notes, remarques et variantesChapitre 33 sur 275 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

SÉMIRAMIS,OTANE.

OTANK.

Songez qu'un dieu propice a youhi prëTenir

Cet efiroyable hymen , dont je vous vois frémir.

La nature étonnée a ce danger funeste ,

En vous rendant un* fils» yous afrache à Tinceste.

Des oracles d'Âmmon les ordres absolus »

Les infernales toîx, let mânes de Ninus,

Vous disaient que le jour d'un nouvel .fayménée

Finirait les horreurs de votre destinée ;

Mais îb ne disaient pas qu'il dût être accompli.

L'hymen s'est préparé , votre sort est rempli ;

Ninias vous révère. Un secret artifice

Ta contenter des dieux la facile justice :

Ce jour si redouté fera votre bonheur.

SÉBUAAMIS.

Âh! le bonheur, Otane, est-il fait pour mon cœur? Mon fils s'est attendri.; je me flatte , j'espère Qu'en ces premiers momens la douleur d'une mère

7» SBHIIAMIS.

Parle plus hautement k ses sens oppresses Que le sang de IVinus , et mes crimes passes» Mais peut-être bientôt, moins tendre et plus sévère , Il ne se .souviendra que du meurtre d'un père.

OTANE.

Que craignez-vous d'un fils? quel noir pressentiment !

sémirâmis..

La crainte suit le crime , et c'est son châtiment. Le détestable Âssur sait-il ce qui se passe? I*î'a-lH)n rien attenté? sait-on quel est Arzace?

OTANE.

Jion , ce secret terrible est de tous ignoré :

De l'ombre del^inus l'oracle est adoré ^'

Les esprits consternés ne peuvent le comprendre.

Comment servir son fils ? pourquoi venger sa cendre?

Oa l'ignore , on se tait. On attend ces raomens

Où, fermé sans réserve au reste des vivans.

Ce lieu saint "doit s'ouvrir pour finir tant d^alarmes.

Le peuple est aux autels ; vos soldats sont en armes.

Âzéma , pâle , errante , et la mort dans les yeux ,

Veille autour du tgmbeau, lève les mains aux cieux.

Ninias est au temple , et d'une ame éperdue ,

Se prépare à frapper sa victime .inconnue.

Dans ses sombres, fureurs Assur enveloppé .

Rassemble les débris d'un parti dissipé.

SÉMIRAïaS.

Je ne sais quels projets' il peut former encore.* Ah ! c'est trop ménager un traître que j'abhorre ; Qu' Assur chargé de fers en vos inains soit remis : Otane, allez livrer le coupable k'mon fils. Mon fils apaisera l'éternelle justice, £n répandant du moins le sang de mon complice : Qu'il meure; qu^Âzéma , rendue à Ninias^ Du crime de mon règne épure ces climats. Tu vois ce cœur, Ninus, il doit te satisfaire : Tu vois du moins en moi des entrailles de* mère. Ah! qui vient dans ces lieux k pas précipités? Que tout rend la terreur k mes sens agités!

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