SCÈNE VIII
Le g&ano-prêtee OROÈS , les mages et le peuple , NINIAS, AZËMA ^ ASSUR désarmé, MITRANE, OTANE.
. OTANE. •
Il n'en est pas besoin; j'ai fait saisir le traître Lorsque dans ce lieu saint il allait pënëtrer : La reine l'ordonna , je viens vous le livrer.
NINIAS
Qu'ai-je fait? et quelle est la victime immolée?
OAois.
Le ciel est satisfait; la vengeance est comblée.
80 SÉMiaAMIS.
(£n montrant As8ur.«) Peuple , de votre roi voila l'empoisonneur ;
( £n montrant Ninias. )
Peuple , de votre roi voilà le successeur.
Je viens vous l'annoncer; je viens le reconnaître ;
Revoyez Ninias^ et servez votre maître.
ASSUR
Toi , Ninias ?
OROÈS.
Lui-même : un dieu qui l'a conduit Le sauva de ta rage , et ce dieu te poursuit.
ASSITR.
Toi , de Sëmiram'is tu reçus la naissance !
NINIAS
Oui ; mais pour te punir j'ai reçu sa puissance. Allez , délivrez-moi de ce monstre inhumain : 11 ne méritait pas de tomber sous ma main. Qu'il meure dans l'opprobre , et non de mon épée ; Et qu'on rende au trépas ma victime échappée,
( Sémiramis paraît. au pied du tombeau, mourante ; un mage qui eM
à cette porte la relève. )
▲SSÙR.
Va : mon plus grand supplice est de te voir mon toi;
( Apercevant Sémiramis. )
Mais je te laisse encor plus malheureux que nioi : Regarde ce tombeau , contemple ton ouvrage.
NINIAS
Quelle victime , ô ciel ! a donc frappé ma rage ?
Ah ! fuyez , cher époux !
AZÉMA
MITRANE.
Qu'avez- VOUS fait ?
OROES se mettant entre le tombeau et Ninias. .
Sortez , Venez purifier vos bras ensanglantés f Remettez dans mes mains ce glaive trop funeste « Cet aveugle instrument de la fureur céleste.
NINIAS courant vers SémirainU.
Xh ! cruels , laissez-moi le plonger dans mon cœui\
OROES > tandis qa'oa désarme Minias.
Gardez de le laisser k sa propre fureur.
SJBMIRAHIS p qu'on fait avancer, et 'qu'on place sur un fauteuil.
Viens me venger , mon fils : un monstre sanguinaire. Un traître» un sacrilège, assassine ta mère.
* NINIAS
O jour de la terreur! ô crimes inouïs t Ce sacrilège affreux, ce monstre, est votre fils. Au sein qui m'a nourri cette main s'est plongée : Je vous suis dans la tombe /et vous serez vengée.
Hélas ! j'y descendis pour défendre tes jours. TTa malheureuse mëre allait à ton secoiu'S.... J^ai reçu de tes mains la mort qui m'était due.
NINIAS
Ah \ c'est le dernier trait à mon ame éperdue. J*atteste ici. les dieux qni conduisaicut mon bras. Ces dieux qui m' égaraient...
SÉMIRAMIS
Mon fils , n'achève pns ^ Je te pardonne tout, si, pour grâce dernière. Une si chère main ferme au moins ma paupière.
( Il se jette à genoux, ) .
Yiens^ je te le demande au nom du même sang Qui t^a donné la vie , et qui sort de mon flanc. Ton cœur n'a pas sur moi conduit ta main cruelle. Quand Nihùs expira j'étais plus criminelle : J'en suis assez punie« Il est donc des forfaits Que le courroux des dieux ne pai^donne jamais ! ^inias , Aeéma ^ que votre hymen efface L'opprobre dont mon crime a so^iillé votre race^ D'une mère expirante approchez-vous tous deux ' Donnez^moi votre main ; vivez , régnez heureux : Cet espoir me console , il mêle quelque joie Aux horreurs de la mort où mon ame est en proie.
TaÉATBB. TOUR 111. 4*
Su SÉMIBAMIS,
Je le sens.... elle vient. ... songe k S^miramis ,
]Ve hais point sa mémoire : 6 mon £às, mon cher fils...
C'en est fait.
ORois.
La lumière à ses yeux est niTie.
Secourez ^^inias, prenez soin de sa vie. Par ce terrible exemple apprenez tous du moins Que les crimes secrets ont les dieux pour témoins. Plus le coupable est grand , plus grand est le supplice. Rois, tremblez sur le trône, et craignez leur justice ^.
FIN DE SBMIRAMIS.
TRAGÉDIE DE SËMIRAMIS.
{a) Dans les ahciennes éditions :
fls ont trompé les yeux.
(6) Dans les premières éditions :
Un accueil que des rois ont Tainement^èrigué , Quand voua avei para , tous est donc prodigué; Tous avez en secret entretenu la reine ; ) Mais TOUS apt-elle dit que votre audace Taine Est un outrage au trôné ^ à mon honneur, au sien ? Qife le sort d^Azéma ne peut s'unir qu'au mien? Qu*à Ninias, jadis, Azéma fut donnée?
Qu'aux seuls enfans des rois sa main est destinée ? Que du fils dé Ninus le droit m*est assuré? Qu'entre le trône et moi je ne vois qu'un degré ? La reine a-t-elle enfin daigné du moins tous dire Dans quel piégé en ces liens Totre orgueil vous attire , Et que tous tos respects ne pourront effiler Les léméraîreB voeux qui m'osaient offenser?