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NOTES
(0 Polyeucte dit à Nëarque :
Je sais ce qu*est ua songe, et le peu de croyance Qa*uu homme peut donner à son extravagance, Qui, d'un amas confus des vapeurs de la nuit, Forme de vains objets que le réveil détruit.
(9) Dans Lucaih , Catoa répond a ceux qui le pressent d'aller consulter l'oracle d'Ammon :
Stériles nec legit arenas Ut caneret paucis ; mersitque hoc pul^ere verum ?
C'est-a-dire , suivant la traduction de Brëbenf : Croyons-nous qu'à ce temple un dieu soit limité ? Qu'il ait dans ces sablons plongé la vérité?
Dans le poème sur la Loi naturelle y M.. d&Yoltaire dit 9 en parlant de Dieu.
Sans doute , il a parlé, mais c'est à l'univers. Il -n'a point de l'Egypte habité les déserts ; Delphes, Délôs, Ammon, ne sont point ses asiles,. Il ne se cacha point aux antres des Sibylles.
(3) Mathan dit» en parlant d'Athalie :
La peur d'un vain remords trouble cette grande ame; Elle flotte; elle hésite, en un mot, elle est femme.
(4) M. Ducis a imite ces vers dans Hamlet :
ic Seul bien des criminels , le repentir nous reste.
(5) Âgamemnon dit a sa fille , qui lui parle des préparatifs du sacrifice :
Vous y serez , ma fille.
(6) Jjc grand-prétre , dans Alhalie , finit la pièce, par ces vers :
Apprenez, roi des Juifs, et n'oubliez jamais Que les rois dans le ciel ont un juge sévère, L'innocf noe un vengeur, et l'orphelin un père.
ORESTE
AVERTISSEMENT
DES ÉDITEURS DE KESL
Cette pièce est une imitation de Sophocle 5 aussi exacte que la différence des mœurs et les progrès de l'art ont pu le permettre. Elle fut jouée en 1760, arec beaucoup de succès. L'auteur fut seulement obligé de changer le. dént>ûmént« Voici ce qu'il dit de ce changement dans iine note qui se trouvait à la fin de plusieurs éditions d'Oreste.
« Quoique cette catastrophe, imitée de Sophocle,
« soit, sans aucune comparaison , plus théâtrale et
« plus tragique que l'autre manière dont on a joué la
Q fin de la pièce-, cependant j'ai été obligé de préte-
« rer sur le théâtre cette seconde leçon , toute faible
« qu'elle est, à la première. Rien n'est plus aisé et
« plus commun, parmi nous, que de jeter du ridi-
« culesur une action théâtrale à laquelle on n'est pas
« accoutumé. Les cris de Clytemnestre , qui fesaient
« frémir les Athéniens, auraient pu, sur un théâtre
a mal construit , et confusément rempli de jeunes
« gens, faire rire des Français; et c'est ce que pré-
« tendait une cabale un peu violente. Cette action
« théâtrale a fait beaucoup d'effet à Versailles , parce
« que la scène^ quoique trop étroite, était. libre; et
« que. le fond plus rapproché laissait entendre Cly-
« temnestre avec plus de terreur,, et rendait sa mort
« plus présente. Mais je doute que l'exécution eût pu
« réussir ù Paris. »
86 AVBETISSEMBNT DBS ioiTBUBS DE KEHL.
Yoici donc la manière dont on a gâté la fia de la pièce de Sophocle :
On dit que dan* ce trouble on toU le* Eninénide* , Sourdes à la prière, et de rengeance aride* , Ministres des arrêts prononces par le sort, Marchier autour d'Oreste en appelant la mort.
IPHI8B.
n Tient : il est rengé ; je le Tois.
ÉLSGTXB.
Cher Oreste , Je peux TOUS embrasser ! Dieux 1 quel accueil funeste f Quels regards e&ajansl
Ôbxstb.*
O terre , mtr'ouvre-toi ; Glytemnestre , Tantale , Atrëe , attendes -moi ; Je TOUS suis aux enfers , étemelles victimes , etc.
Oébillon était censeur des pièces de théâtre ; M. de Voltaire fut donc obligé de lui présenter sa tragédie : 9 Monsieur, lui dit Grébillon en la lui rendant 9 j*ai été content du succès d^Éieetre, je souhaite que le frère tous fasse autant d'honneur que la sœur m'en a fait. »
A la première représentation, on applaudit avec transport un morceau imité de Sophocle. M. de Voltaire s'élança sur le bord de sa loge : « Courage , Athéniens, s'écria-t-il : c'est du Sophocle,»
On Terra, en lisant les Tariantes, que Fauteur a retranché d'éloquentes déclamations pour mettre plus de mouvement dans les scènes; qu'il s'est écarté du génie du théâtre grec , pour ne plus suivre que le sien.