ACTE PBEHIEB
PAMMiNE.
FilleJ d'Agameranon , race divine et chère ,
Dont j'ai vu la splendeur et l'horrible misère»
Permettez que ma voix puisse encore en vous deux
Réveiller cet espoir qui reste aux malheureux.
Avcz-vous donc des dieux oublié les promesses?
Avez-vous oublié que leurs mains vengeresses
Doivent conduire Or este en cet affreux iëjour
Où sa sœur avec moi lui conserva le jour 7
Qu'il doit punir Égisthe au lieu même où vous êtes ,
Smr ce même tombeau , dans ces mêmes retraites , ^
Dans ces jours de triomphe , où son lâche assassin
Insulte encore au roi dont il perça le sein?
Lia parole des dieux n'est point vaine et trompeuse ;
Leurs dessein^ son couverts d'une nuit ténébreuse ;
La peine suit le ciiroe: elle arrive a pas lents 3.
ELECTRE
Dieux qui la préparez^ que vous tardez long-temps ! (c)
ipmsE.
Vous le voyez ^Pammène; Égisthe renouvelle De son hymen sanglant la pompe criminelle.
ELECTRE
Et mon frère , exilé de déserts en déserts , Semble oublier son père , et négliger mes fers.
PABUfENE.
Comptez les temps, voyez qu'il touche k peine l'âge Où la force commence à se joindre au courage : Espérez son retour ^ espérez daus les dieux.
ÉLE^RE.
Sage et prudent vieillard^, buî^ vous m'ouvrez les ^eux*
Pardonnez a mon trouble, à mon impatience;
Hélas! vous me rendez un rayon d'espérance.
Qui pourrait de ces dieux encenser les autels.
S'ils voyaient sans pitié les malheurs des mortels ,
Si le crime insolent , dans son heureuse ivresse ,
Écrasait à loisir Tiniiocente faiblesse !
Difuxy vous rendrez Oreste aux larmes de sa sœur;
Votre bras suspendu frappera l'oppresseur.
Oreste , entends ma voix , celle de ta patrie ,
Celle du sang versé qui t'appelle et qui crie ;