‹ Théâtre complet de Voltaire, avec notes, remarques et variantesChapitre 45 sur 275 · ACTE PBEHIEB · texte numérisé non relu

ACTE PBEHIEB

PAMMiNE.

FilleJ d'Agameranon , race divine et chère ,

Dont j'ai vu la splendeur et l'horrible misère»

Permettez que ma voix puisse encore en vous deux

Réveiller cet espoir qui reste aux malheureux.

Avcz-vous donc des dieux oublié les promesses?

Avez-vous oublié que leurs mains vengeresses

Doivent conduire Or este en cet affreux iëjour

Où sa sœur avec moi lui conserva le jour 7

Qu'il doit punir Égisthe au lieu même où vous êtes ,

Smr ce même tombeau , dans ces mêmes retraites , ^

Dans ces jours de triomphe , où son lâche assassin

Insulte encore au roi dont il perça le sein?

Lia parole des dieux n'est point vaine et trompeuse ;

Leurs dessein^ son couverts d'une nuit ténébreuse ;

La peine suit le ciiroe: elle arrive a pas lents 3.

ELECTRE

Dieux qui la préparez^ que vous tardez long-temps ! (c)

ipmsE.

Vous le voyez ^Pammène; Égisthe renouvelle De son hymen sanglant la pompe criminelle.

ELECTRE

Et mon frère , exilé de déserts en déserts , Semble oublier son père , et négliger mes fers.

PABUfENE.

Comptez les temps, voyez qu'il touche k peine l'âge Où la force commence à se joindre au courage : Espérez son retour ^ espérez daus les dieux.

ÉLE^RE.

Sage et prudent vieillard^, buî^ vous m'ouvrez les ^eux*

Pardonnez a mon trouble, à mon impatience;

Hélas! vous me rendez un rayon d'espérance.

Qui pourrait de ces dieux encenser les autels.

S'ils voyaient sans pitié les malheurs des mortels ,

Si le crime insolent , dans son heureuse ivresse ,

Écrasait à loisir Tiniiocente faiblesse !

Difuxy vous rendrez Oreste aux larmes de sa sœur;

Votre bras suspendu frappera l'oppresseur.

Oreste , entends ma voix , celle de ta patrie ,

Celle du sang versé qui t'appelle et qui crie ;

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