ACTE PftBMIER. f^J
Il est venu ce îour où L'on apprâte Les dëtesUibles jeiuc de leur coupable fête. Electre leiir esclave > Electre votre sœur, Yoos aoaouce en leur nom leur horrible bonheur.
Un destin moins affreux permet que je vous voie; A ma douleur profonde il m^lc un peu de foie ; Et vos pleurs «t les mieSs ensemble coafoiMd.itf •-
éUECTRE.
Des pleurs! Ah! ma faiblesse en a trop répandus. Des pleurs.' Ombre sacrée, ombre chère et sangUnle, Est-ce Ik le tribut qu'il faut qu'on te présente? C'est du sang que je dois « c'est du sang que tu veux ; C'est parmi les apprêts de tes indignes jeux» Dans ce cruel triomphe où mon tyran m'entraîne. Que , ranimant ma force et soulevant ma chaîne , Mon bras^ mon faible bras osera Tégorger Au tombeau que sa rage ose encore outrager. Quoi ! j'ai vu Cly temnestre , avec lui conjurée , Lever sur son époux sa main trop assurée! Et nous sur le tyran nous suspendons des coups , Que ma mère ii mes yeux porta sur son époux ! O douleur! ô vengeance ! 6 vertu qui m'animes , Pouvez-vous en ces lieux moins que n*ontpu les crimes? Nous seules désormais devons nous secourir ; Ci-aignez-TOUS de frapper? craignez- v^us de mourir? Secondez de vos mains ma main .désespérée; Fille de Clytemneslre7 et rejeloik d'Atrée , Venez.
ipbose;
Ah! modérez ces transports impuissans; Commandez, chère Electre , au trouble de vos sens ; Contre nos ennemis nous n'avons que des larmes : Qui peut nous seconder ? comment trouver des armes ? Comment frapper un roi de gardes entouré. Vigilant , soupçonneux , par le crime éclairé ? Hélas! k nos regrets n'ajoutons point de craintes; Tremblez que le tyran n'ait écouté vos plaintes.
100 cMiisn.
ÉLECTAE.
Je veax qu'il les ëcoate; oui , je yeux dans son cœur >
Empoisonner sa joie , j porter ma douleur ;
Que mes cris jusqu'au ciel paissent se faire entendre ;
Qu'ils appellent la foudre et la lassent descendre ;
Qu'ils réveillent cent rois indignes de ce nom ,
Qui n'ont ose venger le sang d'Âgamemnon.
Je vous pardonne^ hélas! cette douleur captive.
Ces faibles sentimens de votre Sme craintive :
n vous ménage au moins. De son mdigne loi
Le joug appesanti n'est tombé que sur moi.
Vous n'êtes point esclave , et d'opprobres nourrie ;
Vos yeux ne virent point ce parricide impie ,
Ces vétemens de mort, ces apprêts , ce festin.
Ce festin détestable , où , le fer a la main ,
Clytemnestre. .. ma mère.*, ab! cette borrible image
Est présente k mes yeux, présente k mon courage.
C^est la , c'est en ces lieux , ou vous n'osez pleurer ,
Où vos ressenti mens n'osent se déclarer >
Que j'ai vu votre përe , attiré dans le piège * ,
Se débattre et tomber sous leur main sacrilège.
Pammène, aux derniers cris , aux sanglots de ton roi ,
Te crois te voir encore accourir avec moi ;
J'arrive. Quel objet ! une jfemme en furie
Recherchait dans son flanc les restes de sa vie.
Tu vis mon cher Oreste enlevé dans mes bras ,
Entouré des dangers qu'il ne connaissait pas ,
Près du corps tout sanglant de son malheureux père ;
A son secours encore il appelait sa mère.
Clytemnestre , appuyant mes Soins officieux y
Sur ma tendre pitié daigna fermer les yeux j
Et s'arrêtant du moins au milieu de son crime >
Nous laissa loin d'Égislhe emporter la victime.
Oreste , dans ton sang consommant sa fureur ,
Égisthe a-t-il détruit l'objet de sa terreur?
Es-tu vivant encore? as-tu suivi ton père 7
Je pleure. Àgameranon, je tremble pour un frère.
Mes mains portent des fers, et mes yeux, pleins de pleurs,
N'ont vu que des forfaits et des persécuteurs.