‹ Théâtre complet de Voltaire, avec notes, remarques et variantesChapitre 61 sur 275 · ACTE SECOND · texte numérisé non relu

ACTE SECOND

ELECTRE

D'un songe flatteur Ne me présentez pas la dangereuse erreur.

Oreste! Poui*suivez^ je succombe a l'atteinte

Des mouvemens confus d'cspërance et de crainte.

Ma sœur, dei« îiigoimius , qu*h tniTers mille morts , La main •d'wn di«u , san^Joatey a ietéê sur ces bords , Recueillis par ies soins du fidèle Paminànfi.... L'un des deiUL^.*

J« me mkem»^ et me soutieBs a pme.

L'un des deux»«*?

Je l'ai <va ; quel îeu briHe en ses yeux ! Il aTait l'aàr, le port , le frodt des dem^^dieux , Tel qu'on peint le héros qui triompba de Troîe; La même majesté sur son iront se •déploîe. A mes avides yens soignanx de s'arracher^ . Chez Pammèna eu searet il semble sa cacher, biterdite , et le coeur tout ^fam de son image , J'ai count Toiis dbasehar sur aa ihste nnrage » Sur ces sombms oypvks » «dans ce lempla éla^^ , Enfin vers oalambea» 4s nos krmas baigné. Je l'ai vu» oc tmwimsm OQurowné de gaiirlandes , De l'eau sainie arvQsé^ aouvest encor d'offmndes;; Des cheveQx.4:sidnas yeus UM.se sont pas trompés , Tels que ceux éa hdsos idant itu» sons sont fimppét ; Une épée » si «c'iest Jà ma plus fiinme aspéran«a> C'est le signe éalalMit<dn'^r de la vengeanoa-: Et quel autre qu'un ifils» qfa'jin firère , qu'un héns , Suscité par les dieuK pour la saktt d'Arms , Aurait osé braver oe tyran dredoHtsUer C'est Oreste , sans doute ; il en est seul capable ; C'est lui , le ciel l'en voie;. il m'en daigne avertir. C'est l'éclair q«i pavait; kibudae va partir.

4liSECT9Jt,

Je vous crois ; j'attends tout : mais n'est-ce point un piège Que tend de mon tyran la fourbe sacrilège?

lAO 0RE9TB.

Allons : de mon bonheur il me faut assurer.

Ces étrangers...* Courons , mon cœur va m'ëclairer.

IPHISE.

Pammène m'avertit , Pammène nous conjure De ne point approcher de sa retraite obscure. Il y va de ses jours.

BLECTRE.

Ah! que m'avez vous dit?

I>ïon ; vous êtes trompée , et le ciel nous trahit. Mon frère , après seize ans , rendu dans sa patrie. Eût volé dans les bras qui sauvèrent sa vie; Il eût porté la joie a ce cyieur désolé; Loin de vous fuir > Iphise , il vous aurait parlé. Ce fer vous rassurait, et j'en suis alarmée. Une mère cruelle est trop bien informée. J'ai cru voir , et j'ai vu dans ses yeux interdits Le barbare plaisir d'avoir pierdu son fils, rf 'importe , je conserve un reste d'espérance : Ne m'abandonnjBZ pas, ô dieux de la vengeance I Pammène^ mes transports pourra-t-il résister? Il faut qu'il parle : allons rien ne peut ni'arrêter.

IPHISE.

Vous vous perde%^ songez qu'un mattre impitoyable Nous obsède , nous suit d'un œil inévitable. Si mon frère est venu, nous l'aUons découvrir ; Ma sœur, en lui parlant , nous le fesons périr : Et si ce n'est pas lui , notre recheixhe vaine Irrite nos tyrans , met en danger Pammène (/). Je re vole au tombeau , que \e puis honorer : Clytemnestre du moins m'a permis d'y pleurer. Cet étranger, ma sœur, y peut paraître encore; C'est un asile sûr ; et ce cid que j'implore. Ce ciel, dont votre audace accuse les rigueurs, Pourra le rendre encq^e k vos cris , k mes pleurs. Venez.

De quel espoir ma douleur est suivie ! Ah! si yous me trompez, vous m'arrachez la vie.

A.GTE TUOISIBHE. 121

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