‹ Théâtre complet de Voltaire, avec notes, remarques et variantesChapitre 62 sur 275 · P Y LAOS · texte numérisé non relu

P Y LAOS

Quoi ! veiTai-j<9 toujours ta grande ame égarée Souffrir tous les tourmens des descendans d'Atrée , De rattendrissemeut passer k la fureur?

ORE8TE

C'est le destin d'Qreste ; il est né pour l'horreur.

J'étais dans ce tombeau , lorsque ton œil fidèle

Veillait sur ces dépôts confiés h ton zële ;

J'appelais en secret ces mânes indignés ^

Je leur offrais mes dons , de mes larmes baignés.

Une femme , yers moi courant désespérée ,

Avec des cris affreux dans la tombe est entrée ,

Gomme si dans ces lieux qu'habite la terreur^

Elle eût fui soui les coups de quelque dieu Tengeur.

Elle a jeté sur moi sa vue épouvantée :

Elle a youlu parler, sa voix s'e^t arrêtée.

J'ai TU Miidâin , j'ai vu les filles de l'eiifer

Sortir , entre elle et moi , de l'abimo entr'ouvert.

Leurs serpens^leurs flambeaux,leur voix sombre et terriL.

M'ioBpiratent un transport inconcevable, horrible ,

Une fureur atroce; et je sentais ma main

Se lever'malgré moi, prête k percer son sein :

Ma raison s'enfuyait de mon ame éperdue.

Cette femme , en tremblant , s^est soustraite a ma vue ;

Sans s'adresser aux dieux, et sans les honorer'.

Elle semblait les craindre , et non les adorer.

Plus loin, versant des pleurs, une fille timide^

Sur la tombe et sur moi fixant un œil avide ,

D'Oreste , en gémissant , a prononcé le nom.

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