‹ Théâtre complet de Voltaire, avec notes, remarques et variantesChapitre 7 sur 275 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

ÂBZACE, MITRANE.

Deux esclaves portent une cassette dans le lointain.

A&ZACE.

Oui^ Mitrane, eu secret l'ordre ëmanë du trône Remet entre tes bras Arzace k Babylone. Que la reine en ces lieux , Brillans de sa splendeur. De son puissant génie iîpprime la grandeur! Quel art a pu former ces enceintes profondes , Où FEuphrate égare porte en tribut ses ondes; Ce temple , ces jardins dans les airs soutenus; Ce vaste mausolée où repose Ninus ?

Éternels monumens , moins admirables qu'elle ! C'est ici qu'à ses pieds Sémiramis m'appelle. Lea rois de l'Orient , loin d'elle prosternés , N'ont point eu ces honneurs qui me sont destinés : Je vais dans son éclat voir cette reine heureuse.

La renommée j An^ce » ^t souvent bien trompeuse ; Et peut-être ayec moi bientôt vous gémirez Qua&d vous verres de près ce que vous admires.

a4 sfisiiBAms.

ARZACK.

Comment ? '

mithane. I

Sémiramis, h ses douleurs livrée j Skme ici les cliagrias dont elle est dévorée : «^

L'horreur qui l'épouvante est dans tous les esprits. Tantôt remplissant l'air de ses lugubres cris , Tantôt morne, abattue, égarée, interdite. De quelque dieu vengeur évitant la poursuite , Elle tombe à genoux vers. ces lieux retirés, A la nuit , au silence , a la mort consacrés ; Séjour où nul mortel n'osa jamais descendre , Où de Ninus, mon maître, on conserve la cendre. Elle approche k pas lents, l'air sombre, intimidé. Et se frappant le sein de ses pleurs inondé. A travers les horreurs d'un silence farouche , Les noms de fils, d'époux, échappent de sa bouche; Elle invoque les dieux ; mais les dieux irrités Ont corrompu le cours de ses prospérités.

AEZAGE.

Quelle est* d'un tel état l'origine imprévue !

MITAANE.

L'effet en est aSreux , la cause est inconnue.

ARZACB.

Et depuis quand les dieux l/accablent-ils ainsi?

HITRANE.

Depuis qu'elle ordonna que vous vinssiez ici.

aRzage.

Moi?

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