‹ Théâtre complet de Voltaire, avec notes, remarques et variantesChapitre 88 sur 275 · ÉGISTHE, CLYTEMNESTRE, ELECTRE^ IPHISE · texte numérisé non relu

ÉGISTHE, CLYTEMNESTRE, ELECTRE^ IPHISE

Gardes.

ÉOISTH^.

Qu'on saisisse Pammène, et qu'il soit confronté

▲CTB CIKQVIEMB. l47

Avec ces étrangers destinés au supplice. Il est leur confident, lenr ami, leur complice» Dans quel piëge effroyable ils allaient me jeter | L'un des deux est Oreste, en pouvea^vous douter ?

(A Cljtemnftre),

Cessez de vous tromper» cessez de le défendre» Je vois tout, et trop bien. Cette urne, cette cendre. C'est celle de mon fils; un père gémissant Tient de son assassin cet horrible présent.

CLYTEMNB5TRE.

Croyez-vous?

ÉGISTfflB.

Oui, j'en crois cette haine jurée Entre tous les enfans de Thyeste et d'Atrée ; J'en crois le temps, les lieux marqués par cette mort, Et ma soif de venger son déplorable sort. Et les fureurs d'Electre, et les larmes d'Iphise, Et l'indigne pitié dont votre ame est surprise. Oreste vit encore, et j'ai perdu mon fils ! Le détestable Oreste en mes mains est remis; Et, quel qu'il soit des deux, juste danA ma colire. Je l'immole k mon fils, je l'immole k sa mère.

CLYTBMNEST&B.

Eh bien, ce sacrifice est liorrible à m«syeuz.

BGMTHE*

Avons?

CLYTBMNESZBB.

Asses de sang a coulé dans cas lieu.

Je prétends mettre tan terme au cours desbeBÛcides, A k fatalité du sang des Pélopides.

Si mon fils, après tout, n'est pas entre vos mainsy Pourquoi verser du sang, siu* des bruits incertains ? Pourquoi vouloir sans frnit la mort de l'innocence ? Seigneur, si c'est mon fils, j'embrasse sa défense; Oui, j'obtiendrai sa grâce, en dussé*je périr.

ÉGI8THE.

Je dois la refuser, afin de vous servir. Redoutez la pitié qu*en votre ame on excite. Tout Ce qui vous fléchît me révolte et m'irriAc.

1/^9 oassTE.

L'un des deux est Of este, et tous deux vont périr. Je ne puis balancer, je n'ai point ii choisir. A moi, soldats.

IPHISB.

Seigneur, ^oi ! sa famille entière Perdra-l-eUe k ▼os pieds ses cris et sa prière ?

( Elle se jette à ses pieds. )

Avec moi, chère Electre, embrasse;6 ses genouj^ ; Votre audace vous perd.

ELECTRE

Où me réduisez- vous?

Quel aflfront pour Oresle, et quel excès de honte! Elle me fait ^erreur.,... eh bien, je la surmonte. Eh bien, j'ai donc connu la bassesse et l'effroi ! Je fais ce que jamais je n'aurais fait pour moi,

( Sans se mettre à genoux. )

Cruel ! si ton courroux peut épargner mon frère^ (Je ne puis oublier le meurtre de mon père; ) Mais je pourrais du moins , muette k ton aspect, Me forcer au silence, et peut-être au respect. Que je 4emeure esclave , et que mon frère vive.

ÉGISTHE

Je vais frapper ton frère, et tu vivras captive t Ma vengeance est entière; au bord de son cercueil , Je te vois sans effet abaisser ton orgueil*

CLYTEMNESTRE

Égisthe, c'en est trop; c'est trop braver peut-être Et la veuve et le sang du roi qui fut ton maître. Je défendrai mon fils ; et , malgré tes fureurs , Tu trouveras sa mère encor plus que ses sœurs. Que veux-tu? ta grandeur, que rien ne peut détruire Oreste en ta puissance , et qui ne peut te nuir,e , Electre enfiri soumise , et prête a te servir, Iphise à tes genoux , rien ne peut te fléchir î Va de tes cruautés je fus assez complice^ Je t'ai fait en ce^ lieux un trop grand sacrifice. Faut-il , pour t'affermîr dans ce funeste rang , T'abandonner encor le plus pur de mon sang ? 5ï'aurai-je donc jamais qu'un époux parricide ? Vun massacre u^a fiUe îiux campagnes d'Aulide ,

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