‹ Théâtre complet de Voltaire, avec notes, remarques et variantesChapitre 87 sur 275 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

ELECTRE, IPHIÇE.

. ELSGTRE.

Que faut-il que j'espère ?

Qu'a- t-on fait? Clytemnestre ose-t-eUe. être mère? Ahl si... Mais un tyran l'asservit aux forfaits. Peut-elle réparer les. malheurs qu'elle a faits? En a-t-elle la §orce ? en a-t-elle l'idée ? Parlez : désespérez mon ame intimidée ; Achevez mon trépas.

IPBISB.

J'espère ; mais je crains.

Egisthe a des avis, mais ils sont ince*<tains ; Il s'égare; il ne sait, dans son trouble funeste. S'il tient entre ses mains le malheureux Oreste ; Il n'a que des soupçons qu'il n'a point éclaircis; Et Clytemnestre au moins n'a point nommé son fils. Elle le voit, l'entend; ce moment la rappeUe Aux premiers sentimens d'uue ame maternelle; Ce sang prêt k couler parle a ses^ sens surpris , Épouvantés d'horreur, et d'amour attendris. J'observais sur son front tout l'effbrt d'une mère Qui tremble de parier , et qui craint de se taire.

THBATBB. TOME III. 7.

l46 fM«TS.

Elle défend les jours de ces infortune's Destines au trépïts sitôt que soupçonnes ; Aux fureurs d'un époux à peine elle résiste ; Elle retient le bras de l'implacable Égisthe. Croyez-moi , si son fils avait été p^mmé , Le crime , le malheui*, eût été consommé >

Oreste n'était plus. .

J9i»f:cr?]iE% O comble de misère !

Je le trabis peut-être eo nplarant ma mère ; Son trouble iriitera c^ monstre fi^ricux» La nature en tout teipps esK fu^e^een cça lieux. Je crains également sa voix «t son sileace* Mais le péril croissaM ; î'4lAi;9«aMe^p<lninc«* Que fait Pammène ?

IPHISE..

Il a, dans nos dangers pressaus.

Ranimé la lenteur de ses débiles ans; L'infortune lui donne une force nouvelle ; Il parle a nos amis, il excite leur zèle ^ Ceux même dont Égisthe est toujours entouré, A ce grand nom d*Oreste ont àé\k murmuré. J'ai vu de vieux sold»(s, qui servaien.t sous le père. S'attendrir sur le fils, et frémir de colère : Tant aux cœurs des bumains la justice et iea lois Même aux plus endurcis font enfendr» leur voix!

ELECTRE

Grands dieux ! si j'avais pu dans ses âmes tremblantes

Enflammer leurs vertus k peine renaissantes,

Jeter dans leurs esprits, trop (iaiiblement touches,

Tous ces emportemens qu'on m'a tant reprochés!

Si mon frère, abordé sur cette terre impie.

M'eût confie plus tôt te secret de sa vie/

Si du moins jusqu'en bout Pammène avait tenté....

Page 1