‹ Théâtre complet de Voltaire, avec notes, remarques et variantesChapitre 93 sur 275 · SCÈNE VII · texte numérisé non relu

SCÈNE VII

ELECTRE, PYLADE, IPHlSÉ.

BLECTRB.

En est-ce fait. Pelade?

PYLADE

Oui , tout est accompli , Tout change , ÉlecU^e est libre ^ et le ciel obéi.

ÉLEÇTEE.

Con)ment?

]5a ORftSTE.

pylads.

Oreste règne , et c'est lui qui m'envoie.

IPHISE.

Justes dieux!

ELECTRE

Je succombe à Texcès de ma joie.

Oreste I est-il possible ?

PYLADF.

Oreste tout-puissant Va venger sa famille et te sang innocent.

ÉLECTBE.

Quel miracle a produit un destin si prospère ?

^ PYLADE

Son courage , son nom , le nom de votre père , Le vôtre 9 vos vertus, l'excès de vos malheurs, La pitié, la justice, un dieu qui parle aux cœurs. Par les ordres d'Égisthe on amenait a peine. Pour mourir avec nous , le fidèle Pammène y Tout un peuple suivait, morne, gfaicë d'horreur^ J'entrevoyais sa rage à travers sa terreur^ La garde retenait leurs fureurs interdites. Oreste se tournant vers ces fieris satellites : « Immolez , a-t-il dit , le dernier de vos rois ; a L'osez- vous ?» A ces mots , au son de cette voix , A ce front où brillait la raajcstë suprême , Nous avons tous cru voir Agamemnon lui-même ,. Qui, perçant du tombeau les goufires éternels. Revenait en ces lieux commander aux mortels. Je parle : tout s'émeut; l'amitié persuade; On respecte les nœuds d'Oreste et de Pylade. Des soldats s'avançaient pour nous envelopper. Ils ont levé le bras, et n'ont osé frapper: Nous sommes entourés d'une foule attendrie ; Le zèle s^enhardit, l'amour devient furie. Dans les bras de ce peuple Oreste était porté. Égisthe avec les siens , d'un pas précipité. Vole , croit le punir , arrive , et voit son maître. J'ai vu tout son orgueil k l'instant disparaître , Ses esclaves le fuir, ses amis le quitter , Dans sa confusion ses soldats l'insulter.

Page 1