‹ Théâtre complet de Voltaire, avec notes, remarques et variantesChapitre 98 sur 275 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

nx l'ioitios ds Z7504

Qni répond aux trois première» scènes éâ celle édition^

ORESTE, PTLADE, FAMMÈNË.

( Un esclave, dans l'enfoncement, porte une urae et une ép^e.)

PAMMàNB.

Qne béni soit le jour si long-temps attendu»

Où le fils de mon maître, à nos larmes rendu ^

Vient, digne de sa race et de sa destinée»

Venger d'Agamemnon la cendre profaoée I

Je crains que le tyran^ par son trouble averti» .

Ne détourne un destin déjà trop pressenti.

Il n'a fait qu'entrevoir et son juge et son maître

Et sa rage a déjà semblé le reconnaître.

Il s'informe, il s'agite, il veut surtout vous voir :

Vous-même vous mêlez la crainte à mon espoir.

De vos ordres secrets exécuteur fidèle.

Je sonde les esprits, j'encourage leur zèle;

Des sujets gémissans consolant la douleur.

Je leur montre de loin leur maître et leur vainqueur.

La race des vrais rois tôt ou tard est chérie ;

Le coeur s'ouvre au grand nom d'Oreste et de patrie.

Tout semble autour de moi sortir d'un long sommeil ;

La vengeance assoupie est au jour du réveîl.

Et le peu d'habitans de ces tristes retraites

Lève les mains au ciel, et demande où vous êtes.

*6o VARIANTES

Mais je frémis de Toir Oreste en ce désert, Sans armes, saot soldats, pré» d'être découvert. D'un barbare ennemi l'active vigilance Peut prévenir d'un coup votre juste vengeance ; Et contre ce tyran, sur le trône affermi, Vous n'amenez, hélas i qu'Oreste et son ami.

PYLADP.

C'est assez, et du ciel je reconnais l'ouvrage : 11 nous a tout ravi parce cruel naufrage; Il veut seul accomplir ses augustes desseins ; Pour ce grand sacrifice il ne veut que nos mains. Tantôt de trente rois il arme la vengeance ; Tantôt trompant la terre, et frappant en silence,. Il veut, en signalant son pouvoir oublié. N'armer que la nature et la seule amHié.

oazsTB.

Avec un tel secours, Oreste est sans alarmes. Je n'aurai pas besoin de plus puissantes armes (*)r

PYLADB.

Prends garde, cher Oreste, à ne pas f 'égarer Au sentier qu'un dieujnême a daigné te montrer. Prends garde à tes sermens, à cet ordre suprême De cacher ton retour à cette sœur qui t'aime ; Ton repos, ton bonheur, ton règne est à ce prix. Commande à tes transports, dissimule, obéis; Il la faut abuser encore plus que sa mère.

PAHMicilB.

Remerciez les dieux dé cet ordre sévère.

A peine j'ai trompé ses transports indiscrets r

Déjà portant partout ses pleurs et ses regrets,

Appelant à grands cris son vengeur et son frère,

Accourant sur vos pas dans ce lieu âolitaite ,

Elle m'interrogeait et me faisait trembler,

La nature en Becref semblait lui révéler,

Par un pressentiment trop tendre et trop funeste,^

Que le ciel en ses bras remet son cher Oreste.

Son cœur trop pleinî de vous ne peut se contenir.

OIBSTE.

Quelle contrainte, ô dieux ! puis-je la soutenir I

PYLADB.

Tous balancez I songez aux menaces terribles ;

Que vous fesaient ces dieux dont les secours sensibles

(*) Ces vers ont été placés dans la première scène du second acte.

d'O RESTE. 161

* Vous ont rendu la vie au milieu du trépas.

* Contre leurs volontés si tous faites un pas,

* Ce moment vous détouc à leur haine fatale.

* Tremblez, malheureux fils d'Atrée et de Tantale; Tremblez de voir sur vous, dans cen lieux détestés,

* Tomber tons ces fléaux du sang dont tous sortez.

OBKSTK.

Quel est donc, cher anù, le destin qui nous guide? Quel pouvoir invincible à tous nos pas préside? Moi, sacrilège I moi, si j'écoute un instant La voix du sang qui parle à ce cœur gémissant ! O justice éternelle, abîme impl'métrable ! Ne distinguez-vous point le faible et le coupable; Le mortel qui s'égare, ou qui brave vos lois. Qui trahit la nature, ou qui cède à sa voix? {*) N'importe : est-ce à l'esclave à condamner son maître l Le ciel ne nous doit rien quand il nous donne l'être. J'obéis, je me tais. Nous avons apporté Cette urne, cet anneau, ce fer ensanglanté : Il suffit ; offrons-les loin d'Electre affligée. Allons, je la verrai quand je l'aurai vengée.

(A Paminène.) Va préparer les cœun au grand événement Que je dois consommer, et que la Grèce attend. Trompe surtout Égistheet ma coupable mère : Qu'ils goûtent de ma mort la douceur passagère; Si pourtant une mère a pu porter jamais Sur la cendre d'un fils des regards satisfaits. Va, nous les attendrons tous deux à leur passage.

(n) SCÈNE SECONDE ,

Qui répond à U scëiic IV-

MiiBCTSif, à Ipbiite.

* L'espérance trompée accable et décourage.

* Un seul mot de Pammène a fait évanouir

* Ces songes imposteurs dont votas osiez jouir.

* Ce jour faible et tremblant qui consolait ma vue « Laisse une horrible nuit sur meji yeux répandue.

* Ahl la vie est pour .nous un cercle de douleurs.

OIXSTK, à Py ade.

Quelle est cette pnacesse et cette esclave en pleurb?

(*) Ces vers se retrouvent dans la secpnJe scène du troisième <icte.

>6îî VARIANTES

Il*Ht8B, à Élcétip.

D'une erreur trop flattetise ô suite trojp cruelle !

liLBCTaK.

Oreste, cher Oreste 1 en vain je vous rappelle, En vain pour vous revoir j'ai prolongé mes jours.

oaxsTB.

Quels accens I Elle appelle Oreste à «on secours.

IPBISK.

Voilà ces étrangers.

iuiCTaB» à Iphi.<«>.

Qae ses trait* m'oilt fhlppé!

Hélas I ainsi que vous j'aurais été trotopée. (A Oreste.)

Eh ! qui donc ètes-vousi étrangers tnalheureuk ; Et qu'oset-*vou8 chercher sur ce ritage affren)t ?

'' pYlaob.

Nous attendons ici les ordres, la présence Du roi qui tient Argos sous son obéissance»

ÉLSCTaB.

Qui? du roi ? qùoîl des Grecs osent donner ce nom Au tyran qui versa le sang d'Agamemnon !

OSKSIE.

Cher Pylade^à ces mots, aux douleurs qui la pressent , Aux pleurs qu'elle répand, tous mes troubles renaissent. Ah ! c'est Electre.

ÉLBCTBB.

Hélas ! vous voyez qui je suis :

On reconnaît Electre à ses affreux ennuis.

•IP HfSB.

Du vainqueur d'IUon voilà le triste reste,

Ses deux filles, les sœurs du malheureux Oreste.

OBBSTB.

Giel I soutiens mon courage^

liLSGTRB.

£h 1 que demftndeZ'Vdu^ Au tyran dont le bras s'est déployé iur noua t

. PTLADB.

Je lui viens annoncer an destin trop propice.

OBBSfB.

Que ne pnis-je du vôtre adoucir rinjottice 1 Je vous plains toutes deux : je déteste un devoir Qui me force à combler votre long désespoir.

d'oreste. i63

IPHISB.

Serait-il donc pour nous encor «quelque iofortuoe ?

Mlbctib.

Parles, délivrez-moi d'upe vie importune.

Oreste....

l^LKCTaB.

Eh bien^ Oreste ?

OaiSTB.

Où 8ui«-je?

IPHISI, en voyant rtirnc,

Dienx vengeurs!...

itLBCTaB.

Cette cendre..., on se tait.... mon frère l.... je me meurs

IPHISB.

Il n'est donc plus! faut-il voir encor la lumière !

OBBSTB, à Vy\adt\ Elle semble toucher à son heure dernière. Ah ! pourquoi l'ai-je vue, impitoyables dieux ! (A celui (|ui poite l'urne.)

Ote z ce monument^ gardez pour d'autres yeux, etc.

W OBBSTB.

Ce glaive, cet anneau.... vous devez les connaître. Âgamemnon l'avait quand il fut votre maître.

CLYTEMNBSTBB.

Quoi! ce serait par vous qu'au tombeau descendu....

liGlSTHB.

Si VOUS m'avez servi, le prix vous en est dû. De quel sang ètes-vous 7

(p) OBBSTB.

Souffrez....

ÉGISTHB.

Non, demeurez.

Qu*il s'écarte, seigneur ; Cette unie, ce récit me remplissent d'horreur. Le cîel veille sur vous, il soutient votre empire; Rendez grâce, et souffrez qu'une mère soupire.

OBBSTB.

Madame.... j'avais cru que, proscrit dans ces lieut. Le fils d' Agamemnon vous était odieux.

i64 taaiantes

CLYTBMRCSTSB.

Je ne tous cache point qu'il me fut redoutable'.

ORBSTJI.

Page 1