SCAPIN, OCTAVE, SILVESTRE
8CAPIH fà Octave).
Et vous, préparez-vous à soutenir avec fermeté l'abord de votre père.
OCTAVE
Je t'avoue que cet abord me fait trembler par avance , et j'ai une timidité naturelle , que je ne saurais vaincre.
' SCAPIN
Il fout pourtant paraître ferme au premier choc, de peur que, sur votre faiblesse , il ne prenne Je pied de vous mener comme un enfant. Là , tâchez de vous composer par étude. Un peu de hardiesse , et songez à répondre résolument sur ce qu'il vous pourra dire.
OCTAVB. •
Je ferai du mieux que je pourrai.
SCAPI5.
Ça, essayons un peu , pour vous accoutumer. Répétons un peu votre rôle, et voyons si vous ferez bien. Allons. La mine résolue, la tête haute, les regards assurés.
OCTAVE
Comme cela?
SCAPIJf.
Encore un peu davantage.
OCTAVB.
Ainsi ?
8CAPIN.
Bon. Imaginez-vou* que je suis votre père qui arrive, et répondezmoi fermement, comme si c'était à lui-même. Comment, pendard, vaurien, infâme, fils indigne d'un père comme moi, oses -tu paraître devant mes yeux, après tes bons déportemens, après le lâche tour que tu m'as joué pendant mon absence? Est-ce là le fruit de mes soins , maraud, est-ce là le fruit de mes soins, le- respect qui m'en dû, le respect que tu me conserves? Allons donc. Tu as l'insolence, fripon, de l'engager sans le consentement de to* père, de contracte» iro mariage clandestin? Réponds -moi, coquin, réponds -moi. Voytna un yen te* belles raisons. Oh , que diable , vous demeurez interdit!
octave. '
C'est que je m'imagine que c'est mon père que j'entends.
SCAPIlf.
Hé , oui. C'est par cette raison qu'A ne faut pas être comme un innocent.
OCTAVE
Je m'en vais prendre plus dé résolution, et je répondrai fermement.
ftCJtPtir.
Assurément?
Assurément.
4»s REMARQUES
SIIYESTRE.
"v*oilà rôtre père qui vient.