Scène 3 , page 379. ■ — Elle! mais c*est la donner! C'est là un trait
extrêmement délicat , que parmi les anciens , on ne trouve guère que dans Térence.
Même scène , p. 281. — Sortez d'ici seulement. Cet acte est consacré tout entier aux amours de Phedria. Le père de retour, le mariage d'Antiphon, tout est oublié: mais cette suspension dans la première intrigue ne devait pas trop blesser le spectateur, parce que c'est Antiphon qui en est le héros , qui se mêle de la seconde. Eh ! d'ailleurs , comme l'exposition a bien expliqué ces deux genres d'intérêts différens , cela ne peut frapper que la raison , qui analyse tout. Mais où le plaisir commence , la raison se tait.
Acte IV, scène 3 , p. 297. — Qu'il me fasse plutôt cent procès. Il est inutile de faire remarquer que toute cette scène a été imitée par Molière dans ses Fourberies de Scapin. Mais une autre remarque importante c'est que le Chrêmes de cette pièce est peut-être le seul père que Térence ait représenté tremblant devant sa femme. La faute qu'il a faite et le désir qu'il a de la cacher sont bien des motifs suffisants pour que notre auteur lui ait donné cette timidité , et beaucoup d'indulgence pour la faute de son neveu !
Scène 6, p. 3i5. — Grands dieux! comme souvent un aveugle hasard, etc. Voilà l'intrigue du mariage d' Antiphon dénouée tout à coup, et d'une manière qui paraîtrait au public de Paris beaucoup trop prompte; surtout si dans la pièce on ne lui présentait une femme à la fin du quatrième acte que comme une machine qui vient tout expliquer. Les Romains avaient probablement sur les dénoûments d'autres idées que les modernes ; car il est bien certain que de nos jours , celui-ci ne réussirait pas. Une reste plus d'aliment au cinquième acte que l'amour de Phedria , qui ne saurait être d'un grand intérêt.
ActeV, scène 4» P* 333. Cela étant, Nausislrate, vous pouvez vous en retourner. Dans cette scène on voit tout l'art d'un grand auteur. Térence a eu le talent, quoique le public fût déjà instruit que la femme d' Antiphon est la fille de Chrêmes , de mettre ce père dans une position em * barrassante, entre son frère, qui veut chasser la jeune femme, et Nausistrate, qu'il redoute , et qui en effet ne ressemble guère aux dames Romaines; car il est facile de voir qu'elle porte le haut de chausses.
Scène iî,p. 38 1. — Invitez-mot à souper. On est tout surpris, quand on est à la fin de la pièce , de voir que cette fin ne répond point au commencement. L'intrigue du mariage d'Antiphon est terminée au quatrième acte. Au cinquième acte on s'attend que les pères vont se fâcher du motif qui leur a fait escroquer de l'argent en fayeur de Phedria. Point du tout, les deux amoureux sont oubliés et ne reparaissent plus; et il n'est plus question que du parasite, qui veut garder l'argent, et du pauvre Chrêmes, qui tremble que sa femme ne connaisse ses fredaines. Néanmoins cette pièce est très-amusante par la variété des caractères. Geta est un habile fripon. Le parasite a une audace comique et spirituelle; Chrêmes est plaisant par sa timidité, et Nausistrate, qui paraît trop peu, finit la pièce assez gairoent. Je ne conseillerais pourtant pas à nos jeunes auteurs de composer un ouvrage sur un pareil plan. Ce qui était bien pour les Romains déplairait à coup sûr au parterre Français. Ou bien , en imitant les anciens , il faut faire comme Molière; ne prendre que ce qui convient au sujet et aux mœurs , et comme lui l'embellir de ce naturel et de cette joyeuse philosophie qui ne peut être qu'un don du ciel.
Al. D. et Am. D.