‹ Théâtre complet des LatinsChapitre 32 sur 154 · SCENE IV · texte numérisé non relu

SCENE IV

B AC CHIS, LACHES fe£ deux servantes qui ne parlent

point).

bacchis (àpart). Ce n'est pas sans raison que Lâchés (1) désire me parler, et je me trompe, ou je ne suis, ma foi, pas bien éloignée de deviner ce qu'il me veut.

lâches (à part).

Il faut prendre garde que la colère ne m'empêche d'obtenir de Bacchis tout ce que je peux gagner sur elle. 11 faut prendre garde de donner dans quelque excèsj dont je pourrais me repentir par la suite. Abordons-la. (A Bacchis.) Bacchis, je vous salue.

BACCHIS

Je vous salue, Lâchés.

LACHES

Je crois, en vérité, que vous êtes un peu inquiète du motif qui m'engage à vous faire prier par mon valet de venir

lo. 8

ii4 HECYRA. ACT. ÎV. SCEN. IV.

BACCHIS

Ego pol quoque etiom timida sum, quom venit mihi m .

mentem quae sim; Ne nomen mihi quaestus obstet apud te : nam mores

facile tutor.

LACHES

Si vera dicis, nihil tibi pericli est a me, mulier :

Nam jam aetate ea sum 3 9 ut non siet peccato mihi ignosci

aequum :

Quo roagis omnes res cautius , ne temere faciam , adcuro» Nam si id facis, factura ve es, bonas quod par est facere :

inscitum Offerre injuriam tibi me; immerenti, iniquum est.

BACCHIS

Est magna , ecastor , gratia de istac re , quam tibi habeam. Nam qui post factam injuriam se expurget, paruiïi mihi

prosit.

Sed quid istuc est?

LACHES

Meum receptas filium ad te Pamphilum.

BACCHIS

Ahî

LACHES

Sine dicam. Uxorem hanc prius quam duxit , vostrum aroorem pertuli 3 .

Mane. Nondum etiam dixi id , quod volui. Hic nunc uxorem habet :

Quaere alium tibi amicum firmiorem,duin tempusconsulendi est.

L'HÉCYRE. ACT. lit. ÔÔËN. IV. iV3

BAC C H 19. ' f ! '

H y a plus : lorsque je songe qui je suis, je crains bien que ma profession ne me fasse tort auprès de tous ; car, pour* ma conduite, il est facile de la justifier.

Si ce que vous me dites-là est véritable, vous n'avez rien à craindre de ma part ; car je commence à être d'un âge où Ton ne doit pas espérer le pardon de ses fautes : c'est pourquoi j'agis en tout avec beaucoup de précaution, pour ne commettre aucune imprudence. Si vous vous conduisez, ou si vous voulez vous conduire comme il convient à une 1 femme' sensée, il serait malhonnête à moi de vous faire de la peine, et bien injuste de vous la faire sans sujet.

BACCHIS

J'ai, en vérité, bien des grâces à vous rendre des sentiments où' je vous vois. Car après Une offense les excuses sont assez inutiles. Mais qu'y a-t-il pour votre service ?

■ • •' lâchas! " *'•:'" ' ■ - ' '

Vous recevez chez vous mbn fifë Pamphile.

BACCHIS

Ah! # ■■ >/ •

LACHES. l

Laissez-moi achever. Avant qu'il fût marié, j'ai souffert patiemment votre amour. (Payant que Baccfiis veutf l'interrompre.) Attendez. Je n'ai pas encore dit tout ce que j'ai à vous dire. Présentement il a une épouse ; cherchez, pendant qu'il est encore temps, un autre amant plus stable, car

n8 HEÇYRA. ACT. IV. SCEN. V.

Ut de tali causa iiuptae mulieri se ostenderet. Sed nolo falsa fama esse gnatum suspectum tuvim : Nec leviorem vobis, quibus est minime aequum , viderier Immerito. Nam meritus de me est, quod queam, illi ut commodem.

Facilem , benevolumque , lingua tua jam tibi me reddidit. Nam non sunt solae arbitratae hae : ego quoque etiam

credidi.

JSJupc qijiom ego, te esse praeter nostram opinionem

. i oomperi Fac eadem ut sis porro; nostra utere amicitia, ut voles. Aliter si facias : sed reprimam me , ne aegre quidquam

ex me audias.

Yerum te hoc moneo unum : qualis sim amicus, aut

quid possiem, Potius quam in i mie us, periclum facias.

BACCHIS

Faciam sedulo.

SCENA V

PHIDIPPUS, LACHES, BACCHIS, Nutrix.

JPPJDIPPUS* ,

Nihil apud nje tibi ,, .,,

L'HÉCYRE. ÀCT. IV. SCÈN. V* n 9

soupçonné sur de faux rapporte. Je ne yeux pas que ses parents, qui doivent l'estimer, le jugent sans raison plus léger qu'il n'est. Car il a mérité de ma part tous les services dont je suis capable.

LACHES

Vos discours m'ont déjà bien adouci, et vous ont rendu ma bienveillance. Et ce ne sont pas ces femmes seules qui ont ainsi jugé. Moi-même je l'ai cru comme elles. Présentement que je vous trouve tout autre que nous ne pensions» tachez de continuer. Vous userez de noire amitié en tout ce qui vous plaira. Si vous agissez autrement... Mais je n'en dirai pas davantage. Je ne veux pas qu'il m'échappe une pa« rôle qui puisse vous fâcher. Le seul conseil que je vous donne, c'est de m'avoir pour ami, plutôt que d'éprouver ce que je puis comme ennemi.

BACCHIS

Je ferai de mon mieux pour cela.

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