LES TRAGÉDIES QUI ONT PARU SOUS SON NOM
C. qui nous reste des anciens tragiques Latins suffit pour ne laisser aucun doute sur J'origine dé la tragédie chez les Romains. Elle fut presque aussi imparfaite dans ss commencemens à Rome, qu'elle l'avait été en Gréce à sa naissance. Cependant tout nous porte à croire que les poétes Latins, en imitant les tragiques Grecs, donnérent plus promptement que ces derniers , une forme régulière à la tragédie. Je ne prétends pas qu'ils aient surpassé les Grecs : Eschyle avait AYancé l'art; Sophocle et Euripide le porterent presque à sa perfection. La tragédie des anciens diffère beaucoup de la nôtre, et par le but qu'elle se proposait, et par les détails. Trop de plumes savantes ont écrit sur cette matière, pour qu'il soit nécessaire de m'y arrêter davantage. Mais je crois devoir dire quelques mots sur les principaux auteurs tragiques Latins, avant de parler de Sénèque.
vin DISSERTATION.
Livius Anpronicus est le premier qui osa marcher sur les pas de Sophocle et d' Euripide.
ExNIUS, natif de Rudium ou Rudie dans la Calabre, prit aussi Euripide pour modèle; et fortifié par la lecture d'Homére, il donna à son style une dignité, une majesté, qui lui méritérent l'amitié du grand Scipion, les éloges de ses contemporains et l'admiration des siécles. | |
Cw. Narvivs, auteur comique, composa aussi plusieurs tragédies , telles que 44/ceste, Licurgue, Egisthe et Térée. Ce poéte vivait pendant la premiére guerre | punique. |
M. PAcuvivs, de Brindes, neveu ou petit- “fils d'Ennius , du cóté de : sa mère, vint à Rome et s'y distingua, non- - seulement par ses tragédies ( dont la plus belle, au jugement de Cicéron, était Oreste); mais encore par $es ouvrages en peinture (1 (1 )n mourut à Tarente, dans là quatre- ingt- dixième année de son âge, l'an 131 avant J. C.
-—. L. A'rrius ou Acrivs, né de parents affranchis , sous le consulat de Serranus et de Mancinus, donna à l’âge de trente ans des pièces de théâtre , sous les mêmes édiles, et en même - temps que Pacuvius , qui pour. lors était ágé de quatre-vingts ans. Selon Gellius , Attius passant par Tarente, fut curieux d'y voir le vieux poète, qui le retint chez lui pendant plusieurs jours, et le pria
(1) Foy. Plin., Hist. at. , (i6. XXXV. -