DISSERTATION. XXXIX
. avénement. Cependant les passions fougueuses de Néron prirent bientôt le dessus , et il était déjà difficile et . dangereux de leur donner un frein. Burrhus et Sénèque
, eurent le courage de se charger du soin de ramener le
prince à des principes plus modérés, et le succés oouronna d'abord une aussi louable entreprise. Burrhus s'appliquait à lui donner le goût des exercices et des études militaires. Sénèque, par sa douceur et par son éloquence, sefforcait de maîtriser le caraotére impétueux de son
. dive. L'un et l'autre se virent forcés de ne pas lui . interdire l'usage des plaisirs permis , afin de ne pas le
dégoûter de pratiquer la vertu; ce qu'ils avaient à craindre en employant à son égard une séverité de prin-
dpesà laquelle ils ne pouvaient espérer de l'accoutumer facilement , s'ils n'eussent usé de prudence et de douceur.
Cependant le méchant naturel de Néron prenait -
. chaque jour un nouvel accroissement , et bientôt ses
. passions, encouragées par la perversité des courtisans,
irritées méme par la voluptueuse et criminnelle Agrippue, ne connurent plus de frein. Son âme atroce méditait et préparait en silence la ruine de tous ceux qui V'opposaient à ses déréglements, ou qui résistaient à ses
volontés. Il fallait alors un courage héroïque pour oser
combattre de si terribles penchants. 1l fallait une sage prévoyance, une connaissance profonde du cœur humain, pour lutter contre limpétuosité de Néron , contre la perfidie de ceux qui l'environnaient, qui s'appliquaient à gagner sa confiance , et qui travaillaient à éloigner de
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