SCENE III
1 — Obliqua Phocis, etc. Foy. Pausan. lib. IL c. 1 ; Strabon. li. VIII et XIV, etc. Jd. — Jsmenos. Plusieurs éditions portent Ismenus. L'Isméne était un fleuve de Béotie, consacré à Apollon. — Cithaeron , montagne de Béotie, située au midi de l'Asope, et consacrée à Apollon ; aux Muses et à Bacchus. Foy. Pausan. lib. IX, c. 1, etc. ; Appollod. lib. II. c. 4 ; Mela. 1. 1I. c. 3 ; et Strabon. lib. IX.
1, — Qui genus jactat suum, Lycus vient de dire : qu'il n'a point de nobles aieux , et que sa race de peut se glorifier de titres éclatans. . Cependant quelques commentateurs ont prétendu que ce Lycus était . fils de Neptune et de Céléno. Mais il est bon de se souvenir que l’on appelait souvent fils de Neptune les hommes inhumains et cruels ; tels que Polyphéme , Amycus et plusieurs autres. En effet, si Lycus eüt eu pour père le dieu des mers, aurait-il dit : Nobiles non sunt mihi avi, Il ne vante que le courage dont il est doué, et par lequel il prétend s'étre illustré , sed clara virtus ; voilà sa noblesse, aussi dé- . dagne-t-il la vanité de ceux qui se font gloire de compter d'illustres aieux. Cette noblesse n'est rien pour lui: il va méme expliquer sa
pensée plus énergiquement.
3. — Aliena laudat. Celui qui se vante de sa naissance, dit Lycus , s'énorgueillit d'un bien qui lui est étranger : c'est-à-dire d'un avantage indépendant de sa volonté, et qu'il ne doit qu'au hasard.
Voltaire avait en vue cette pensée de Sénéque, quand il a fait ces beaux vers :
* Les mortels sont égaux , ce n'est point la naissance,
« C'est la seule vertu qui fait la différence. »
Voici comme s'exprime Sénèque dans sa 44° épitre : « Non facit no- * bilem, atrium plenum fumosis imaginibus. Nemo in nostram glo- * riam vixit: nec quod ante nos fuit, nostrum est. Animus facit
* nobilem ; cui ex quacumque conditione supra fortunam licet sur:
* gere. » Quiconque ajoute par son mérite, ses vertus, ses talents, son héroismes à la gloire de ses ancétres, en devient par cela méme plus recommandable; mais celui qui n'a que des titres fagtueux , qui ne brille que d'un éclat emprunté, doit plutót rougir que de se glorifier de son illustration. Une grande et antique noblesse impose de grandes obligations envers la patrie et l'humanité. La première de toutes les dignités, c'est la qualité d'homme de bien. Cette vérité a pour, fondement la parole de dieu et l'intérét social,
4: —.Ducet e genere inclko novitas colorem nostra. ll ne faut pas s'étonner de voir ici Lycus en contradiction avec lui - méme, et cherchant à relever la bassesse de son origine par son alliance avec là fille des rois. L'ambition déraisonne toujours , et ne connait aucun frein. D'ailleurs Lycus trahit par cette réflexion le secret de son odieuse politique. |
5, — Prius exstinguet Ortus, etc. Ce passage rappelle celui de Virgile dans sa première éclogue : Ænte leves. ergo pascentur in aethere cervi, etc. Les Grecs et les Latins offrent de nombreux exemples de ce genre. On en trouvera dans Aristophane, dans Théocrite , dans St.-Grégoire de Nazianze, de vita sua, dans Ennius, Horace, Ovide et Claudien, et dans plusieurs tragédies de Sénèque lui-même.
6, — Sequitur superbos ultor, etc. Plusieurs annotateurs pensent que deus est ici employé pour dea. Sénéque aurait alors voulu parler de Némésis; c'est ce qui m'a déterminé à traduire deus par divinité, ce qui doit satisfaire tous les goüts.
7.— Riget superba Tantalis. Voy. l’histoire de Niobé, fille de Tantale, roi de Lydie, et épouse d'Amphion. Homer. J/iade. XXIV, Apollodor, lib. IIL. c. 5; Ovid. métam. fab. 5 ; Hygin. fab. 9, etc. -
8.— Ad non virilem tympani, etc. Delrio pense que le poète veut parler d'une sorte de tambourin que les Espagnols appelent pandero, et qui n'est destiné que pour les danses lascives. Ce n'était pas un instrumient de guerre, puisque Sénéque dit que le tambourin rendait des sons efféminés , ad non virilem sonum. Justin. lib. XXX , l'appelle ins-
trumentum | luxuriae. Voy. Isidor. lib. IIL Origin. extremo cap. de Musica. '