‹ Théâtre complet des Latins (volume 2)Chapitre 58 sur 128 · TANTALE, MÉGÈRE · texte numérisé non relu

TANTALE, MÉGÈRE

TANTALE

V ane occupé à saisir l’onde trompeuse qui toujours fuit loin de mes lèvres avides, pour quel autre supplice m'arrache-t-on des infernales demeures, et quelle sinistre divinité raméneTantale au séjour des vivants ? N'est-ce point assez pour moi d'éprouver une soif brülante au milieu des ondes, et de mourir éternellement defaim au milieu de l'abondance? Est- ce le mobile rocher qui glisse sans fin des épaules de ' Sisyphe, qu'il me faudra porter? ou veut-on m'attacher à cette roue dont le mouvement rapide déchire sans cesse les membres d'Ixion ? Dois-je, nouveau Tityus, étre couché dans un antre spacieux, oü des oiseaux carnassiers viendront déchirer, dévorer mes entrailles; où, réparant la nuit par un prodige sans cesse renouvelé , les pertes que j'aurai faites le jour, je servirai d'aliment au vautour insatiable ? Enfin à quel nouveau genre de torture me fait-on passer ?... O, qui que tu sois, inflexible arbitre des ombres, si ingénieux à imaginer des supplices, ajoute donc au mien, si tu le peux, et pour

154 — THYESTES. ACT. I. SCEN. I.

Disponis, adde, si quid ad poenas potes, Quod ipse custos carceris diri horreat , Quod moestus Acheron paveat, ad cujus metum Nos quoque tremamus. Quaere : jam nostra subit E stirpe turba, quae suum vincat genus, Ac me innocentem faciat, et inausa audeat.

Regione quidquid impia cessat loci, Complebo. Nunquam stante Pelopeja domo Minos vacabit.

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