SCENE PREMIÈRE
ATRÉE (seul).
J E suis l’égal des dieux ; supérieur à tous les mortels, ma tête altière touche l'Olympe. Maintenant le sceptre est véritablement entre mes mains; maintenant j'occupe en effet le trône de mon père. Le eiel est quitte envers moi ; je suis au comble de mes vœux. C'en est assez; c’en est plus que je ne demandais. Je suis heureux , très- heureux ; je suis satisfait. Satisfait ! que dis-je? Non, je ferai plus; je mettrai le comble au deuil d'un père. Déjà , pour m'óter toute pudeur, le jour a disparu. Continuons , puisque le ciel m'en laisse le loisir. Que n'ai-je pu retenir ici tous les dieux qui fuyaient devant moi, et les forcer de voir le festin que préparait ma vengeance ! Mais qu'il me suffise que Thyeste le voie... Il le verra en dépit du jour qui refuse de m'éclairer; je dissiperai les ténèbres qui voilent encore sa misère | Assez long- . temps mon convive sans inquiétude a déployé sa joie à ma table ; il a assez sacrifié à Cérès et à Bacchus : Thyeste, il ne faut pas que tu sois ivre ; tu ne serais plus capable d'apprécier, de sentir tes malheurs.
Gardes, ouvrez comme dana les jours de fétes toutes les portes de ce temple et de ce palais Je brüle de voir quelle couleur prendra le visage de Thyeste à l'aspect des têtes de ses enfants, d'entendre les premiers cris de sa douleur, ou de
Effundat, aut ut spiritu expulso stupens Corpus rigescat. Fructus hic operis mei est.
Miserum videre nolo, sed dum fit miser.
Aperta multa tecta collucent face.
Resupinus ipse purpura atque auro incubat, Vino gravatum fulciens laeva caput.
Eructat. O me coelitum excelsissimum, - Regumque regem! vota transcendi mea.
Satur est, capaci ducit argento merum.
Ne parce potu, restat etiamnum cruor Tot hostiarum : veteris hunc Bacchi color Abscondet. Hoc haec mensa claudatur scypho.
Mixtum suorum sanguinem genitor bibàt...
Meum bibisset. Ecce jam cantus ciet, | Festasque voces, nec satis menti imperat.
SCENA II
THYESTES.