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passés en partie du peuple à la noblesse, et qu'une révolution favorable s'était dejà opérée à Rome, dans les mœurs publiques. Plaute est trop rapproché de la vieille comédie ; non-seulement il porta les ménagement jusqu'à ne pas attaquer oùvertement les ridicules du peuple, mais méme jusqu'à ne peindre ses défauts avec énergie, quen mettant des personnages grecs sur la scéne, en mêlant nial-à-propos les spectateurs dans l'action théá- trale, en s'écartant, par cette méprise, du but principal ‘qu'il devait se proposer; en sacrifiant les règles de l'art au désir ou à la nécessité de plaire. Térence , en évitant sagement ce défaut , que le bon goüt des spectateurs et de ses protecteurs lui firent sans doute sentir, disputa la palme à son maítre et à son rival avec beaucoup d'avantage , et réunit plus de suffrages en sa faveur. Mais cette différence, établie depuis long temps entre Plaute et Térence, est encore bien plus sensible entre Plaute et Molière.
Osons le dire avec franchise: on a prononcé avec la plus grande sévérité dans une caüse qui intéresse la gloire de deux écrivains illustres : mais est-on suffisamment entré dans les considérations qui poüvaient aider à faire décider la question avec plus de justesse et d'équité? A-t-on bien senti dans quelle position Plaute se trouva placé, et jusqu'à quel point, sous ce rapport principa- 'lemerit, oti peut ou l'on ne peut pas, en le comparant soit à Térerice, soit à Molière, lui assigner un rang très. inférieur à ses deux rivaux et surfout à ce dernier.
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A-t-on réfléchi sur un obstacle que les lois opposaient au choix des personnages de la comédie, en défendant à Athénes comme à Rome, de mettre en scéne des femmes de condition libre? Les dames grecques et romaines menaient une vie fort retirée; elle sortaient peu, ne sortaient jamais seules, et avaient peu de part aux éloges du public. Or, ce choix ne pouvant tomber le plus souvent, comme je l'ai dit, que sur des courtisanes ou sur ceux dont elles étaient les esclaves, et d'une conduite toujours équivoque, le poète n'était-il pas obligé, méme dans la peinture des mœurs, de parler un langage dont il paraît que les spectateurs étaient moins choqués que nous ne le sommes, et que son goüt et sa délicatesse pouvaient réprouver en secret, et dont nos oreilles s offensent à si juste titre. |
Mais il n'en est pas moins vrai que Plaute doit d'abord être regardé comme le maitre de Térence et de Molière. Pour mieux comparer le poéte latin avec le fameux comique francais, je vais essayer de les placer tous les deux dans la position qui leur est propre. -
Presque tous les sujets que Plaute a traités sont imités du grec. Mais ce ne sont point de simples traductions, ni de froides et de stériles imitations. Il a répandu dans toutes ses comédies la plus grande variété. La matiére a changé de forme, et pour ainsi dire de nature entre ses mains. Peut-on douter que l'art dramatique, non-seule- -
ment pour son siècle, mais pour la postérité même, ne.
lui soit redevable de ses progrès, et qu'il posséda, bien
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plus que ses devanciers , l'heureux secret, le secret difficile d'instruire le spectateur en l'amusant? Jetons un coup-d’œil sur quelques-unes de ses pièces. Dans les Captifs , Tyndare offre l'exemple du courage, et Philocrates celui de la reconnaissance. Dans le Trinummus , Calliclés et Mégaronide font aimer et respecter la bonne foi; Lysitelés et Philon rendent les bonnes mœurs plus recommandables. Dans le Stchus, Panegyris et Pynacium sont des modéles de la fidélité conjugale. Le poéte couvre de ridicule, dans les Bacchides, dans l Asinaire, et dans Je Marchand, les vieillards qui ne rougissent pas de s abandonner encore à leurs passions, et d'être esdaves de l'amour, dans un áge oü la sagesse et la prudence doivent les mettre à l'abri des déréglemens et de l'erreur. En peignant les impardonnables faiblesses des vieillards, il ne néglige pas de dévoiler les ruses, les artifices, la fausseté des courtisanes, la bassesse et la gourmandise des parasites, la perfidie et la malice des valets, l'infáme cupidité des marchands d'esclaves, l'a vidité des usuriers , l'extravagance et les nombreux écarts de la jeunesse. Le caractère des faux braves n est-il pas bien tracé dans le Soldat fanfaron?. L' 4mphitryon , | 4vare , les Ménechmes , n'ont-ils pas servi de modèles : à nos deux plus grands poétes comiques? Etsi ces derniers ont conservé dans des copies excellentes, même supérieures, toutes les beautés de l'original, n'est-ce pas en avoir fait l'éloge le moins équivoque?
Plaute a profité des lumiéres et des talens de ceux
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qui l'ont précédé; mais ne les a-t-il pas surpassés au point d'avoir mérité qu'on le regardát encore comme le créateur de l'art de la comédie , et cette opinion à son égard n a-t-elle pas été non-seulement celle de ses contemporains, de Térence lui-même, des hommes les plus savans dont Rome regardait et dont nous regardons le témoignage comme une autorité respectable? À ne juger l'auteur que par les détails, il perdra toujours beaucoup. Que l'on s'arréte à sa manière de peindre les mœurs, d'attaquer les ridicules, de tracer les caractéres, de diriger l'action, de l'animer par les gráces et la vivacité du style, de conduire avec art une intrigue jusqu'au dénouement, de mettre à profit, jusque dans les écarts de l'imagination les ressources de sa langue, de réunir. tous ses moyens pour rendre les hommes meilleurs, de développer habilement et sans affectation ce que la morale et la philosophie ont de plus pur, d'alimenter par d'heureuses réflexions, par des flatteries délicates, l'amour sacré de la patrie et l'esprit national dans le cœur de ses concitoyens: on sera forcé de convenir du mérite réel de Plaute, malgré les trivialités grossières et les négligences qu Horace lui a justement reprochées. Quant à nous, si la plupart des bons mots de Plaute nous déplaisent, n'en jugeons-nous pas encore avec bien plus de sévérité? Car s'ils nous paraissent moins piquans, * pourrait-on affirmer, en général, qu'ils n'avaient aucun sel, aucune finesse au jugement des Romains! Ceux de Molière nous plaisent davantage, quoique la plupart
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commencent à vieillir. Mais le siècle de Louis XIV est sj prés du nótre, et celui que Plaute honora par ses productions en est si loin, que la comparaison tourne encore inévitablement au désavantage du poéte. de Sarsines. Plaute, comme l’a fort bien remarqué Cailhava, n'a joué dans la comédie que la vie bourgeoise. Moliére a joué Paris et la cour. Aussi les contrastes sont-ils bien plus piquants, plus multipliésdans celui-ci que dans Plaute, qui ne fut jamais assez libre dansle choix de son sujet, et qui ne l'était peut-être pas assez dans le choix du genre, surtout dans celui d'intrigue où sa marche dut être fort bornée.
Les génies les plus rares se soutiennent difficilement par leurs propres forces, si les circonstances ou de puissantes protections ne les aident à développer ces forces, quelquefois méme à les sentir véritablement. Les grands talents, renfermés dans un cercle étroit, se perdent presque toujours dans l'obscurité : ils ont besoin d'étre mis au grand jour, et d'avoir une occasion favorable pour briller de tout leur éclat.
Plaute fut bien loin de jouir de ces avantages; né de parents peu fortunés, et qui, selon toute probabilité, nétaient pas d'une haute condition : obligé d'embrasser et d'exercer tour-à-tour diverses professions, contrarié dans ses espérances, éloigné du commerce et de la société de ceux parmi lesquels il eût rencontré ce qui concourt le plus ordinairement à l'instruction ou ausuccès qu'il est permis d'espérer dans la carrière des beaux-arts,
abandonné, pour ainsi dire, à ses propres moyens.
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notre poète a fait beaucoup moins qu'il neüt pu faire : et cette remarque ne détruit pas celles que j'ai faites sur les études auxquelles Plaute dut se livrer. Un obstacle encore plus frappant dut s'opposer à ses succès; ce fut de ne mettre en scène que des personnages étrangers : de sorte que ses pièces n'appartiennent pas, comme l'observe encore Cailhava, au caractére des Romains. Celles de Moliére appartiennent au caractère national. Ajoutons à cela, et pour terminer cette comparaison entre les deux auteurs, que Moliére se trouva placé dans des circonstarices bien plus avantageuses, dont , à la vérité, ce poéte inimitable a profité plus que tout autre n'aurait pu faire. Dans le choix de ses modèles, de ceux surtout qu'il a pris dans l'antiquité, que d'erreurs il a dû éviter, en suivant les traces de son maître, ou en s'en écartant avec sagesse! Molière, formé par la nature pour occuper le premier rang sur la scéne, pouvait se suffire à lui-méme, et n'avoir d'autre guide que son génie fécond et inépuisable; mais quand un homme comme lui emprunte aux maîtres de l'art tout ce qu'ils ont de parfait, à quel degré de supériorité ne doit-il pasatteindre?
Mais avoir vécu sous un régne immortel comme celui d'Auguste, et qui peut être appelé le siècle des prodiges, des beaux-arts, des lettres et des grands-hommes, dans Ja cour la plus brillante; s'étre formé au milieu de ces grands-hommes, avoir joui de leur amitié, de leurs con-
seils, avoir puisé dans leur société tout ce que le bon
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goût a de plus parfait et de plus épuré; avoir été placé dans un point de vue d'oü l'on pouvait apercevoir et saisir tous les genres de ridicules, juger du jeu et de la mobilité des passions dans toutes les classes de la société; voilà des avantages réels pour un homme qui se destine à briller et à écrire pour la scène, et dont un genie tel que Molière dut profiter habilement comme il l'a fait. Que ne pourrait-on pas dire aussi de la protection dont il fut honoré par le prince de Conti, par Louis XIII, et surtout par Louis XIV , qui le combla de ses bienfaits, et qui ne dédaigna pas de s intéresser à la gloire de Molière? Je ne m étendrai pas davantage sur cette. comparaison entre deux auteurs à qui l'art de la comédie doit, pour ainsi dire, véritablement son existence. | |
Je touche au but que je me suis proposé dans cette Dissertation, et men principal mérite est d'avoir sagement profité des nombreuses recherches de mon ami, à qui M. Alex. Barbier avait transmis plusieurs obser-
vations insérées dans le Magasin encyclopédique.
Les éloges que j'ai donnés à Plaute ne doivent avoir’ . . de 3 e. .
rien de suspect, puisqu ils sont fondés sur l'opinion que :
les hommes les plus éclairés de l'antiquité ont eue de
lui, et que les critiques modernes les plus estimés ont
partagée. Il en est un parmi ces derniers, qui a parlé .'.
de notre poéte d’une : manière peu favorable, et c'est La Harpe. Mais je ne craindrai pas, malgré le respect
que jai pour sa mémoire et ses utiles travaux , de sou | 4
xlvj DISSETATION.
tenir que personne na moins connu, ni moins étudié Plaute, que le savant et judicieux auteur du Cours de - littérature; et si j'approuve en partie ses réflexions sur ce comique comparé à Molière, je n'en suis pas moins surpris qu'un homme qui mérita le titre de Quintilien francais, n'ait pas moins consulté ses forces, ou du moins mieux approfondi une question si intéressante, et qui exige de longues méditations. Des personnes qui ont
vécu dans la plus étroite intimité avec La Harpe, n'ont. pas hésité de lui reprocher sa légéreté à cet égard, et
m ont assuré qu'il n avait pas désavoué ses torts. Ce n'est point ici le lieu de le réfuter, ce que je n'entreprendrais qu avec la plus grande circonspection. :
J'aurais pu rassembler de nouvelles preuves pour appuyer ce que j'ai dit de Plaute; mais je crois avoir réuni les plus essentielles et les plus intéressantes. On ferait des efforts inutiles pour trouver aucun moyen de s'éclaircir sur les circonstances de sa mort. Les meilleures autorités prouvent seulement qu'il mourut ágé d'environ quarante ans, l'an de Rome 569, avant J. C. 164, sous ‘le consulat de M. Claudius Marcellus et de Q. Fabius Labéo, qui battit la flotte des Crétois. À la méme époque moururent Annibal et Publius Cornélius Scipion l'Africain , âgé de quarante-huit ans, et qui fut le contemporain de C. Lollius, surnommé le Sage. Cette méme année les Gaulois envahirent l'Italie.
Voici l'épitaphe qui fut placée, dit-on, sur le tom
DISSERTA TION. xlvij
beau de Plaute, et que Varron attribue au poéte luiméme.
Postquam est morte captus Plautus, Comoedia luget, scena est deserta, Deinde risus , ludus , jocusque et numeri, Innumeri, simul omnes collacrimarunt. .
« Depuis que Plaute est mort, la comédie est en larmes, « le théâtre est désert, les ris, les jeux, la prose et la
,) oí [ 3 e « poésie le pleurent à lenvi. »
Aulu - Gelle, liv..I. c. 24, rapporte autrement cette inscription, dont le sens est cependant le méme. Postquam est mortem aptus Plautus, comoedia luget : Scena est deserta : hinc ludus, risusque , jocusque, Et numeri innumeri simul omnes conlacrumarunt.
Malgré le témoignage de Varron, j'ai peine à croire que la premiére de ces inscriptions soit du poéte de Sarsines, et que la seconde ne soit pas une imitation de la premiére, en vers hexamétres, dont les ouvrages de Plaute n'offrent point d'exemples. Je doute qu'il existe méme d'inscriptions tumulaires en vers hexamétres, dans aucun auteur contemporain de Térence, et moins encore d Ennius et de Pacuvius.
Philippe Paré aprés avoir comparé les termes employés dansla première inscription, avec ceux dont notre auteur a coutume de se servir , a rédigé ainsi l'épithaphe :
PosrquaM. Mancus. Accrus.Pzraurus. Monrr. Darv'sr. DzsknTA . Scexa . Esr. Lucrr. Comorpra.
Hixc . Omnis. Lusus. Er. Risus . Omxrs . Er . Jocus .
Er. NuxmERrI.IwNuMERBETI. STwuL. OMNES . CONLACRUMARUNT
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On attribue également à Néviys une épitaphe qui annonce, comme dans celle de Plaute, un amour-propre démesuré.
Mortaleis immortaleis flere ei foret fas ^ Flevere divae camaenae Noevium poetam ; Itaque postquam est Orcino traductus thesauro , Oblitei sunt Romae loquier latina lingua. :
« Si les immortels pouvaient pleurer un mortel, les « muses pleureraient la mort du poéte Névius. Depuis « qu'il est passé dans le royaume de Pluton , les Romains * « ont oublié de parler latin. »
Je laisse à mes lecteurs le soin de juger du degré de confiance qu'il faut ajouter à ces diverses inscriptions. Siles deux poètes de l'antiquité en sont les auteurs, je congois qu'il est difficile de porter plus loin la vanité;
mais j avoue qu il me parait plus naturel de les attribuer
à quelque admirateur enthousiaste de Plaute et de Névius.
J. B. Levée.
nn e e e
2 Portique au reed chansré 3 ange pour entrer à lérchastre .
3o Grand erani pour mont ou F'énge.
. 4 Dontguer.
3 Bomenotr couvert
€ ambre où oe tmaiint dr armes.
2 Onhare 24 ur de Pip .
pace dans dgied renbait de mile.
zo Duvour de Petite .
ar Endroit du Deistre ou eterenie pleceur
des machines.
Zortre lateral de le Lane | Ze one.
Are Royale
orte ds eirengore
Zantrcenione ; Frmndor pour alor sous de Theatre Faeder pour monter au Pan Podium
Gorider de 2° ege
Æroakèm pour monter à de gutirie pére
Place publique .