ARTE MONA
Tace modo : nae illum ecastor miserum habebo.
PARASITUS. | Ego istuc scio
Ita fore illi, dum quidem cum illo nupta eris. ARTEMONA. |
Ego censeo
Eum etiam hominem aut in senatu dare operam , aut
clientibus : |
Ihi labore delassatum noctem totam stertere.
Ille opere foris faciundo lassus noctu advenit :
Fundum alienum arat, incultum familiarem deserit.
Is etiam conruptus porro suum conrumpit filium. PARASITUS. |
Sequere hac me modo, jam faxo ipsum hominem mani-
festo obprimas.
On 1 Qi
.L'ASIN AIRE. ACT. V. SCEN. II. é
LE PARASITE
En vérité, je l'avais regardé jusqu'à ce jour comme un homme de bonne conduite. Mais par ce seul fait il montre
bien ce qu'il est, le vieux décrépit ; il boit avec son fils dont il courtise la mattresse.
ARTÉMONE.
Vraiment! C'est pour cela qu'il va chaque jour souper en ville, sous prétexte de rendre visite à Archidéme, à Chéréas, à Chérestrate, à Clmias, à Ghrémès, à Cratinus, à Dinias, à Démosthènes ; tandis que c'est pour se livrer au plaisir avec plus de liberté auprés d'une fille perdue de réputation, dans des lieux infámes.
| LE PARASITE
Que n'ordonnez -vous à vos servantes de l'enlever et de l'emporter chez vous?
ARTÉMONE.
Tais-toi à présent : je jure de le rendre bien malheureux. LE PARASITE {à part).
Je n'en doute pas, tant qu'il vous aura pour femme. ARTÉMONE. '
Je m'imagine que cet homme-là passe tout son temps au sénat, ou avec ses clients, et qu'il revient. chez lui ronfler toute la nuit pour se délasser de son travail. ll arrive fort tard le soir, exténué par les fatigues du dehors : il cultive le fonds du voisin et laisse son propre terrain en friche. Il est méme si corrompu, qu'il gáte son fils par son exemple.
LE PARASITE
Suivez-moi de ce cóté, vous pourrez le prendre sur le fait.
ARTEMONA.
Nihil ecastor est quod facere mavelim.
PARASITUS.
Mane dum.
ARTEMONA.
Quid est ?
| PARASITUS. —
Possis, si forte adcubantem tuum virum çonspexeris, Cum corona amplexum amicam , si videas , cognoscere ? ARTEMON A.
Possum ecastor.
/^ — PARASITUS.
À Hem tibi hominem.
ARTEMONA.
. Perii!
PARASITU S.
Paulisper mane Aucupemus ex insidiis clanculum quam rem gerant. ARGYRIPPUS.
Quid modi , pater , amplexandi facies ?
Fateor, gnate mi. ARTEMOYN A.
Quid fatere ?
DEMAENETUS.
Me ex amore hujus conreptum oppidq" | PARASITUS.
Audin' quid ait ? | .
in
ABTÉMONE.
Il n'y a rien que je ne fasse plus volontiers. -
"LE PARASITE, Arrêtez un peu.
ARTÉMONE, Qu'y a-t-il ?
LE PARASITE
. , , é ‘4 y Pourriez-vous le reconnaitre, si vous le voyiez assis, une couronne sur la tête, embrassant une jeune fille ?
, MEN d ARTÉMONE.
| Qui, j je le reconnattrais, certainement.
' LE PARASITE
P a . 4 il. $ . . ' DE
Eh bien ! le voilà.
ART ÉMONE. UU Je suis perdue !
LE PARASITE
Sachez un peu vous contenir, Táchons de tout’ voir sans étre apercus. tat ARGYRIPPE (à Déménete).
Mon père, comment prétendez - vous en'sôrtir aec. Philénie ?
| DÉMÉNETH. EE Je l'avoue, mon fils. ; | ARGYRIPPE : "nan Qu'est ce que vous avouez ?
.PÉMÉNÈTE.
Que je suis transporté de tendresse.
LE PARASITE
L'entendez-vous ?
* ai
P Tous «
Toc — -—— —— —- —- .
Non edepol conduci possum vita uxoris annua. e
LL, __ à
ARTEMONA.
Audio.
DEMAENETUS.
| Egon' ut non domo üxori meae Subripiam in deliciis pallam quam habet, atque ad te
deferam ?
Ld
PARASITUS.
Censen tu illum hodie primum ire adsuetum esse im ganeum ? | ARTEMONA.
Ille ecastor subpilabat me , quod ancillas meas Suspicabar , atque insontis miseras cruciabam. ARGYRIPPUS.
Pater, Jube dare vinum ; jam dudum factum est , quum primum bibi. | Da puere ab.summo; age, tu interibi ab infimo da suavium. ARTEMON A.
Perii misera! ut osculatur carnufex, capuli decus. DEMAENETUS.
Edepol animam suaviorem aliquanto quam uxoris meae. PHILENIUM.
Dic amabo, an foetet anima uxoris tuae?
DEMAENETUS.
Nauteam
Bibere malim, si necessum est , quam illam oscularier.
Je l'entends. | DÉMÉNÈTE { à Philénie).
Si je dérobais à ma femme une robe dont elle fait ses plus chères délices, et si je vous l’apportais ? oui , je vous l’ap- porterai , dût ma vieille n'avoir plus qu'une année à vivre.
LE PARASITE ( bas à Artémone ).
Pensez-vous que c'est aujourd'hui qu'il entre pour la première fois dans un lieu de débauche ?
| ARTÉMONE.
J'avais bien tort de soupcouner et de maltraiter mes servantes : c'était lui qui m'enlevait mes effets. AB GY RIPPE { à son père).
Mon père, ordonnez qu'on apporte du vin. Il y a long-temps que nous avons bu le premier coup.
DÉMÉNETE.
Garçon! sers au haut bout (2). ( 4 Philénie.) Et toi, en attendant, donne - moi un baiser.
ARTÉMONE/{ à part ).
Je n'en puis plus ! comme il l'embrasse, le bourreau ! lui qui est sur les bords du cercueil ! Eu vérité, ton haleine est plus douce que celle de ma femme. 0l | m PHILÉNIE.
Dites-moi , je vous prie, elle l'a donc bien mauvaise? | DÉMÉNÈTE.
J'aimerais mieux boire, s'il le fallait, de l'eau croupie, que de l'embresser., 7
ARTEMON A.
Miser ecastor es. —— - PARASITUS. .
Mecastor dignus est.
ARGYRIPPUS.
Quid ais, pater....
ARTEMONA. | | Ain tandem? edepol nae tu istuc malo magno tuo Dixisti in me : sine! venias modo domum , faxo ut scias Quid pericli sit dotatae uxori vitium dicere. | ARGYRIPPUS.
Ecquid matrem amas?
DEMAENETUS.
Egone ? illam nunc amo, quia non adest.
ARGYRIPPUS.
Quid, quum adest? | | DEMAENETUS.
: Periisse cupio.
PARASITUS.
Amat homo hic te, ut praedicat.
ARTEMON A.
Nae. ille ecastor fenerato funditat : nam. si domum Redierit hodie, osculando ego ulciscar potissimum. ARGYRIPPUS.
Jace, pater , talos, ut porro nos jaciamus.
Maxime:
Te Philenium mihi, atque uxori mortem : hoc Venerium st.
ARTÉMONE (au Parasite).
Le malheureux ! | LE PABASITE.
Du moins est-il digne de l'étre.
ARGYRIPPE. :
Que dites-vous, mon pere? | . AnRTÉUuONE (bas). .
Ah ! que dites-vous ? J'espère que tu ne m'auras pas ainsi traitée impunément. Reviens àla maison, et je te ferai bientót. voir ce qu'il en coûte pour avoir traité d'une manière aussi injurieuse une femme dotée.
ABGYRIPPE.
N'aimez-vous plus ma mère ?
DÉMÉNETE.
* Je l'aime beaucoup à présent qu'elle n'est point ici. / | ARGYRIPPE.
Et si elle y était?
DÉMÉNÈTE.
Je la verrais crever de bon cœur.
LE PARASITE ( à Artémone).
À ce que j'entends, cet homme-là vous aime autànt qu'il
le dit. | ARTÉMONE (au Parasite ).
Sans mentir , il n'y perdra rien ; car s'il retourne aujourd'hui à la maison , je veux me venger de lui en l'étouffant de caresses. s
ARGYRIPPE.
Mon père, jetez le dé (3); nous le jetterons à notre tour. DÉMÉNÈTE., | . Volontiers : que Philénie soit pour moi et la mort pour ma femme ! ( Il jette le dé. ) C'est le coup de Vénus. "Gar-
Pueri, plaudite, et mihi, ob jactum cantharo mulsum date.
ARTEMON A.
Non queo durare.
PARASITUS. Si non didicisti fullonicam , Non mirandum est; in oculos invadi nunc est optimum. | ARTEMONA.
Ego pol vivam , et tu isthaec hodie cum tuo magno malo Invocavisu. | ' | | PARASITUS.
Ecquis currit pollinctorem arcessere ?
ARGYRIPPUS.
Mater, salve.
ARTEMON A.
Sat saluti' st.
PARASITUS.
Mortuu st Demaenetus. .
Tempus est subducere hinc me : pulcre hoc gliscit proelium.
Ibo ad Diabolum , mandata dicam facta , ut voluerit :
Atque interea ut decumbamus suadebo , hi dum litigant:
Post eum demum huc cras adducam ad lenam, ut viginti minas |
Ei det, in parte hac amanti ut liceat ei potirier:
Argyrippus exorari spero poterit , ut sinat
Sese alternas cum illo noctes hac frui: nam ni inpetro ,
Regem perdidi : ex amore tantum est homini incendium
ARTEMONA..
Quid tbi huc receptio ad te est meum virum ?
L'ASINAIRE. ACT. V. SCEN. IL. 991 cons, applaudissez; et pour une cbance aussi heureuse, versez-moi une bonne rasade!
ARTÉMONE ( au Parasite ).
Je ne puis plus y tenir.
LE PARASITE
. Cela n'est pas étonnant , si vous n'avez pas appris le métier de foulon. Mais il est temps de lui sauter aux yeux. AnTÉMONE ( à Déménète ).
. Non, je ne mourrai point; tu as fait aujourd'hui des souhhits qui te seront funestes.
LE PARASITE( à part ).
Qui est-ce qui va chercher celui qui ensevelit les morts ?
ARGYRIPP E.
Bonjour , ma mére. |
ARTÉMONE.
Je n’ai pas besoin de votre bonjour.
LE PARASITE ( à part ).
Déménète est mort. Il est à propos que je sorte d'ici, et que je me dérobe à la chaleur du combat. Je m'en vais retrouver Diabole, et lui raconter que tout s'est passé au gré de ses désirs ; et tandis que ceux-ci vont se chamailler , je le déterminerai, si je puis, à m'inviter à souper. Demain, je conduirai ici le jeune homme; il eomptera vingt mines à Cléérete, pour avoir sa part de celle dont il est amoureux. Argyrippe se laissera toucher, et consentira qu ils passent alternativement la nuit avec Philénie. Si mon projet ne réussit pas, adieu mon roi ; car il est tout de feu pour elle.
ARTÉMONE (à Philénie J.
Quoi ? vous osez recevoir mon mari chez vous !
PHILENIUM.
Pol me quidem Miseram odio enicavit.
| ARTEMON A.
Surge, amator^ i domum.
DEMAENETUS.
Nullus sum. | | ARTEMON A. - Immo es, ne nega , omnium pol nequissimus.
At etiam cubat cuculus : surge , amator ; i domum. | DÉMAENETUS.
Vae mihi!
, ARTEMON A.
Vera hariolare : surge, amator ; 1 domum.
DEMAENETUS.
Abscede ergo paululum istuc.
ARTEMON A. | Surge , amator ; 1 domum.
| DEMAENETUS.
Jam, obsecro , uxor! | ARTEMON A.
Nunc uxorem me esse meministi tuam?
Modo , quum dicta in me ingerebas , odium , non uxor | eram. | DEMAENETUS.
Totus perii!
| ÁRTEMON A.
Quid tandem? anima foetetne uxoris tuae ?
MN
bj
PHILÉNIE.
En vérité, je m'en suis vainement défendue.
ARTÉMONE ( à Déménète ).
Allons, amoureux transi | à la maison.
DÉMÉNÈTE | à demi-ivre ).
Je suis anéanti.
ARTÉMONE.
Dis donc plutôt que tu es le plus méchant des hommes, vieux coucou ! Allons , bel amoureux ! léve-toi : à la maison. DÉMÉNETR.
Malheur à moi!
ARTÉMONE. .
Tu l'as deviné. Debout, amoureux ! à la maison. DÉMÉNÈTE.
Sors donc d'ici tant soit peu. - ARTÉMONE.
Debout! à la maison.
| DÉMÉNÈTE.
Ah ! ma femme , je t'en conjure.
ARTÉMONE.
Tu te souviens donc à présent que je suis ta femme ? toutà-l'heure, quand tu m'accablais d'injures, tu l'avais oublié.
- DÉMÉNÈTE.
Je suis perdu ! | ARTÉMONE.
Eh bien! l'haleine de ta femme est-elle aussi insupportable que tu le prétends?
Murrham olet.
ARTEMONA. | Jam subripuisti pallam , quam scorto dares?
ARG Y RIPPUS.
Ecastor quin subrepturum pallam promisit tibi ? ARTEMON A.
Non taces?
ARGYRIPPUS. Y Ego dissuadebam , mater.
ARTEMON A.
Bellum filium!
Istoscine patrem aequom mores est liberis largirier ? Nihilne te pudet?
| DEMAENETUS.
Pol, si aliud nihil sit, tui me, uxor, .pudet. ARTEMON A.
Cano capite te cuculum uxor ex lustris rapit. DEMAENETUS.
Non licet manere , coena coquitur, dum coenem modo? | ARTEMONA.
Ecastor coenabis liodie, ut te dignum est, magnum malum. DEMAENETUS.
Male cubandum est : judicatum me uxor adducit domum.
ARGYRIPPUS.
Dicebam , pater , tibi, ne matri consnleres male.
DÉMÉNÈTE.
Elle a l’odeur de la myrrhe.
ARTÉMONE.
Et la robe que tu voulais m'enlever pour donner à ta belle ? Certes ! il est vrai qu'il en a fait la promesse. A RTÉMONE. | Te tairas-tu ?
ARGYRIPPE.
Ma mère, je l’en dissuadais.
ARTÉMONE.
Vous êtes charmant, mon fils. ( À Déménéte. ) Un père ose-t-il donner d'aussi pernicieux exemples à ses enfants? N'as-tu pas de honte?
DÉMÉNÈTE.
Quand je n'aurais point ce reproche à me faire , en vérité,
je n'en aurais pas moins à rougir de t'avoir pour femme. ARTÉMONE. 007 Avec des cheveux blancs, vieux misérable! et ta femme te prend sur le fait.
DÉMÉNÈTE.
Ne puis-je, du moins, rester à souper ? On le prépare. ARTÉMONE. |
Parbleu ! tu souperas aujourd'hui comme tu l'as mérité, c'est-à-dire bien mal.
DÉMÉNÈTE.
Je ne me coucherai, sans doute, pas fort à mon aise, puisque ma femme, qui vient de me juger, m'entraîne à la maison.
ARGYRIPPE.
Je vous le disais bien, mon père, qu'il fallait parler de ma
mère avec plus de ménagement.
PHILENTUM.
De palla memento , amabo.
DEMAENETUS.
Juben' hanc hinc abscedere?
PHILENIUM.
Immo intus potius : sequere hac me, mi anime. DEMAENETUS.
Ego vero sequor.
ARTEMONA.
Y domum. .
PHILENIUM.
Da savium etiam prius quam abis.
DEMAENETUS.
| I in crucem.