‹ Théâtre complet des LatinsChapitre 3 sur 122 · SUR SES ÉCRITS EN GÉNÉRAL · texte numérisé non relu

SUR SES ÉCRITS EN GÉNÉRAL

| Mancus Accrus PrAvrUS naquit à Sarsines, à présent Sarsina, ville d'Ombrie, partie de l'Italie séparée de l'Étrurie par le Tibre, et bornée au nord par la mer Adriatique, au midi par le Nar ou Néra, dont les eaux sont imprégnées de.soufre, à l'est par le Picénum et le pays des Sabins. Les géographes modernes désignent Sarsines comme une ancienne ville épiscopale dans la Romagne, sur les frontiéres de la Toscane , au pied de l'Apennin , à cinquante quatre lieues de Rome. On peut consulter sur la position de Sarsines, Strabon, liv. V, et Pline, liv. III, c. 14; Martial, liv. IX, épig. 57, et Silius Italicus , liv. VIII, v. 461, parlant de Sarsines comme d'un séjour délicieux.

.Je nai rien découvert de positif sur la famille de Plaute ; le nom de. ses aïeux est inconnu. Plusieurs auteurs prétendent quil n était. point de condition libre. Un anonyme, dont parle Philippe Paréus, faisait notre poéte disciple de Cicéron, malgré le témoignage de ce

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dernier, qui déclare n’avoir vécu que long temps après la mort de Plaute. Plaute naquit l'an de Rome 529, avant Jésus - Christ 244, sous le consulat de C. Flaminius et de P. Furius Philus. Le premier de ces deux . consuls fut vaincu par Annibal, dans une bataille près du lac Trasimène.

Plaute dit lui même, à ce que l'on croit, dans le Pseudolus , acte IV, scène 7, v. 120 et suiv., qu'il avait les pieds forts grands, et c'est de cette grandeur excessive que lui vint le surnom de Plautus, qui paraît lui avoir été commun avec ses compatriotes. Voyez, à cet égard, ce que dit le grammairien Festus Pompéius, et les remarques de Turnèbe, liv. 19, c. 19.

Notre auteur florissait à Rome, selon l'opinion la plus répandue, l'an de la fondation 546 (selon Charles Étienne, 548 ), avant Jésus-Christ 207, sous le consu lat de L. Véturius Philon et de Q. Cæcilius Métellus ? l| avait alors dix-sept ans, ce qui annonce un talent bien précoce. D'aprés le témoignage de Cicéron, il avait publié déjà plusieurs comédies sous le consulat de Cornélius et de Minucius, l'an de Rome 557, c'est-à dire à l'áge de vingt-deux ans. Que penser d'aprés cela de ceux qui disent de Plaute, qu'il naquit esclave? Je sais que parmi les esclaves et les affranchis il y en avait dont l'éducation avait été fort brillante. Mais, comment un esclave aurait-il reçu une éducation assez belle pour avoir été en état, dans un áge aussi tendre, de se livrer

avec succès à la composition dramatique, de faire jouer

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ses piéces, de les avoir méme traduites ou imitées du grec? Si nous nous en rapportons au témoignage du docte Varron, cité par Aulu-Gelle, liv. III, c. 3, sestalents lui avaient procuré une grande aisance, et il avait acquis une brillante fortune. Varron assure que notre auteur consuma tout son bien en costumes et en décorations ‘de théâtre, ce qui le fit tomber dans une misère | extrême. D'autres soutiennent que l'espoir d'un gain considérable avait déterminé Marcus Accius à entreprendre le commerce; qu'il y avait consacré toutes ses richesses, et que, par de fausses spéculations, il fut plongé dans l'indigence. Ce changement inopiné le fit revenir à Rome, où il fut réduit à tourner une meule de moulin. C'est par cette raison que plusieurs copistes l'ont surnommé dsinius (1) Cette particularité de la vie de Plaute est révoquée en doute par des biographes éclairés. On ajoute, en effet, presque toujours à la vie des hommes illustres quelque chose de merveilleux. Cependant le témoignage de Varron (2) me paraît d'un grand poids. ÁÓ———M——— M — (1) Philippe Paréus remarque , avec raison, qu'il est ridicule de dire que Plaute entra au service d'un boulanger , et cela, par une fausse acception du mot pistor, puisque Pline nous apprend qu'à cette époque il n'existait point de boulangers, et que des cuisiniers et des femmes en faisaient les fonctions. Plaute parle de ces femmes que l'on appelait vulgairement panicoctariae. Voy. le Marchand, acte III, sc. 2, v. 62. I] faut donc entendre par le mot pistor, celui qui pilait le blé. (3) Varron ne cite que les trois pièces suivantes, le Saturio , l'4d-

dictus et la Nervolaria, composées pendant que Plaute était esclave, et dans des moments de loisir.

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Ne sait-on pas d’ailleurs que Névius composa plusieurs de ses piéces en prison? m

En admettant cette opinion avec les commentateurs, on est forcé de convenir.que les disgráces de Plaute ne. portérent aucune atteinte à la force de son génie, qui ne perdit rien de sa vivacité ni de sa fécondité. Il parait même. que cet écrivain profita des circonstances où le plaçait sa nouvelle condition, pour mieux étudier les différents caracteres; il parait encore que réunissant tout ce qu'il avait.été à portée d'examiner pendant le temps quil s'était livré au commerce, il en avait découvert toutes les ruses, toutes les fraudes : aussi quel heureux emploi. n'a-t-il pas fait de la plupart des termes de négoce, qui paraissent lui avoir été trés-familiers?

Je viens de me servir, et je me servirai encore plus d'une fois, dans cette notice, des remarques judicieuses renfermées dans une Dissertation sur Plaute et ses écrits, que publia en 1815, dans le Magasin encyclopédique , mon savant ami M. de Roquefort, à qui je me félicite de payer ici un juste tribut d éloges, et dont plusieurs ouvrages, fruit de ses laborieuses recherches, vont encore enrichir notre littérature.

! Les remarques de M. de Roquefort me conduisent à soumettre à mes lecteurs quelques observations sur la nécessité, pour un auteur dramatique , d'étudier l'homme

ans toutes les classes de la société, et sur les difficultés que Plaute dut rencontrer en se livrant à ce genre d'étude. — —

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DiSSERTETRON: EE

Quoique ce: poéte- ait: beauceup ‘emprunté, pour le fond on pour la.forme, des comiques grecs; d ne s’en est pas moins appliqué d'abord à connaitre les effets qui résultent d'urie intrigue habilement conduite ; ensuite E a mis tous ses soins à reconnaître les effets d'une pièce intriguée par une ressemblance ou par le hasard. Supposons donc un.moment .Plaute au sein de la prospérité et des richesses qu'il avait amassées au théátre ou dans le commerce ; il n'est pas hors de la vraisemblance qu'il ait eu un certain nombre d'esclaves, quil ait étudié léurs mœurs, comme il aurait pu néanmoins le faire, comme il l'a fait probablement, en voyant seulement les esclaves des autres. Témoin de leur adresse, de leurs intrigues , il les a représentées sur la scène. Il a donc tout àla-fois mis à profit, dans plusieurs de ses pièces , et les intrigues et les caractéres particuliers; et, de ces différentes combinaisons, il a dû composer des pièces d'un genre mixte, qui tenaient du genre de l'intrigue et des pièces de caractère. Les ruses, lés détours et les friponneries dont il dut être la victime , lorsqu'il essaya, comme on le dit, de se livrer au commerce, le fortifièrent encore dans l'art de lier une intrigue théâtrale. Supposons: le aussi réduit à la condition d'esclave : il n'eri a été que plus à portée d'étudier le caractère, non - seulement. de. . ses compagnons d infortune , mais encore celui des maitres auxquels ils appartenaient. Cependant, 'avec:de tels moyens, dans quel cercle étroit n'aurait-il pas été ciri conscrit sil n'eüt trouvé d'autres ressources dans son:

La

Nj DISSERTATION: | génie? Serait-il jamais parvenu au premier rang parmi les auteurs dramatiques? aurait-il jamais surpassé les peétes de la Gréce, et servi de modèle aux poètes mo— dernes? Aurait-il fait l'admiration de son siècle, et mérité les éloges des plus grands hommes de l'antiquité ? des hommes célèbres auraient-ils marché sur ses traces ; se seraient-ils efforcés de lui. disputer la prééminence ? Voyons donc les obstacles qu'il a dû surmonter pour réussir dans la carrière dramatique, surtout'en peignant les caractères.

Si l'homme était toujours en réalité ce qu'il paraît être; si, doué de bonnes ou de mauvaises qualités, jl se montrait constamment dans toute circonstance ce qu il est tant qu'il reste entre les mains de la natüre; si les caractéres primitifs n'étaient pas àussi prodigieusement variés que les traits de la physionomie, que la taille et les formes extérieures, que les degrés de, faiblesse ou d'énergie dans toutes les parties du système organique; qu'il serait encore trés-difficile de bien connaître et d'apprécier à leur juste valeur les caractéres généraux! Il ne le serait pas moins de saisir les nuances par lesquelles le Créateur a distingué les individus d'un méme genre , d'une même espèce, d'une méme classe. Plaute , me di ra-t on, imitateur des Grecs ,na point eu les premiers obstacles à vaincre. Je trouverais cette objection trésforte, si je ne m'étais bien convaincu que mon auteur, méme en le regardant comme un simple copiste ou tra ducteur, fut loin de s'arréter à une imitation servile.

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Pour imiter, il faut apprécier, juger un modèle; il faut. avoir plus d'un trait de ressemblance avec lui; il faut, pour devenir un second lui-même, éprouver et sentir ce quil a senti et éprouvé ; ou pour le surpasser, il faut aussi savoir créer , agrandir, perfectionner. Or, dans ces différents cas, l'étude de l'homme, celle des hommes dans l'état primitif et dans l'état social , n'en était pas moins indispensable pour le comique laun; et cet au . teur en fit, malgré les obstacles, le principal objet de ses méditations. |

Tout ce qui rentre dans les caractéres généraux, tout. ce qui tient aux penchants invariables de l'homme, et qui se retrouve dans les écrivaigs de la Grèce, tout ce, qui tient à la philosophie, dut s'introduire naturellement dans les productions .de Plaute. Mais je ne puis douter qu'il n'ait tiré de son propre fonds .ce qui a rapport aux mœurs, aux usages de son siècle, au caractère de ses contemporains; et voilà ce qui lui présenta les plus grandes difficultés. D'abord, il est constant que la. licence des premiers auteurs de la comédie, chez les Romains, n'égala jamais celle des plus anciens comiques . grecs. L'arme du ridicule, entre les mains des comiques latins, n’atteignit jamais les personnages distingués par l'éclat de leurs richesses, par leurs fonctions. Plaute ne pouvait donc se permettre que quelques allusions malignes, sans être offensantes. Tous ses sujets se rapprochent de la manière de vivre des simples particuliers, commerçants, banquiers, marchands d'esplaves , courti-

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sanes, ete; Quant à lameur, il ne pouvait employer pour ressort dans ses comédies’ que celui que nous devons supposer chez uñe courtisane louée’ ou” vendue pour un temps à àn amarit passionné; ou bien cet amourplus honórable d'uné'jéune personne dévenue esclave et achetée par: celui dont elle était aimée. Aussi régnet-il une grande uniformité entre lés diverses pièces du poète dé Sarsinés', envisagées sous ce point de vue. Combien donc: ne dut-il pas faire d'efforts pour créer des caractères, méme d'imitation, ou pour nous laisser ceux‘ dont l'inimitable Molière a sû tirer ‘un parti si brillant?

Essayons un moment de suivre le poète latin dans la carrière, et nous verrons son génie arrêté à chaque pas, à l'instant méme que, par de sublimes efforts, il s' applique à fixer les principes de lart théátral chez les Romains. Partout il trouve des hommes plus ou moins rapprochés du caractère de la nature; mais il ne rencontre point de caractères tranchants ou capables d'inspirer un intérêt nouveau par leur singularité. S'il en rencontre, il est contraint de les cacher, tantôt sous l'habit d'un homme livré à un trafic honteux , tantôt sous celui d'une femme avilie par sa condition, ou par son infáme métier, tantôt sous les vêtements d'un esclave. Il n'a donc point, comme nos comiques modernes, ces ressources multipliées, ces physionomies expressives et variées , cette société du grand monde, que les étrangers bläment quelquefois, et dont ils s'étudient à copier les manières et le maintien; ce grand monde oix les travers de l'esprit, où

DISSE KT ATION. ix les faiblesses du cœur, où les petites prétentions, les intrigues, la coquetterie, la politesse, la galanterie, la légèreté, linconstance dans les goûts, les.caprices de la mode, se trouvent associés aux: plus: précieuses comme aux plus estimables qualités, à la plus noble franchise, à la sévérité des principes, à lélévation des sentiments et des procédés, à la magnanimité, au

courage, à l'héroisme. Je suis loin de n' admettre aucune exception en faveur des Romains; mon auteur lui-

méme suffirait pour prouver l'injustice que j'aurais comimise à l'égard de ses compatriotes. Mais il n'en est pás

moins évident qu'il étäit bien plus restreint dans lé choix

que ne l'ont été .ses imitateurs ; encore faut-il nne étude

approfondie de.ses productions, pour juger combien

ceux qui l'ont: pris pour modèle sont redevables à ja prodigieuse fécondité aveé laquelle il a tráité ‘des sujets

si ressemblants entre eux, malgré.ce qu'il aurait voulu faire, peur éviter cette unifermité si désagréable pour un -

esprit vif et.czéateur comme le sien. C'est surtout par

da lecture des analyses :le...ses. comédies, que l'on pourra danner à mes réflexions le. développement ‘dont

elles me paraissent ‘susceptibles. Nous verrons eücoré.si Térence n'eut pas.de plus grandgs ressources que Plaute, pour arrivér: plus prés de:la perfection... : Disons maintenant un mot sur le nombre des coiné! dies qui sont. attribuées. à. Maréus Accius. Les anciens critiques ve spat. point d'accord sur ce‘point. Les uns en comptent vihgt et une; L. Alius Stilo Praeconinus en

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réprimipr:per na loi l'extrême licence aveclaquelle. i] atta quaitlestrávers etlesridicules de son siécle. Épicharme ( 1), poste et, philosophe .pythagoricien, parüt vers l'an 440 avant l'ère chrétienne. Il était né à Syracuse, dit Suidas, et d'autres le font natif de Mégare; c'est pourquoi Aris tote et Horace l'appellent le Sicilien. L'antiquité faisait le plus grand cas de ses comédies. Le législateur duparnasse latin assure que Plaute en a imité plusieurs. Épicharme mourut ágé de quatre-vingt-dix à quatre-vingt-dix-sept ans. Ïl eut un fils nommé Dindlochus ou Dinolochus qui, au rapport d'Elien (2), coinposa quatorze comédies trèséstimées. Épicharme eut aussi pour contemporains Chionidès d'Athènes, Phormus ou Phormis, arcadien dont parle Pausanias, liv. V, c. 27. Mais les poètes les plus connus de l'ancienne comédie , sont, Crptés, disciple du philosophe Philémon, Platon:et Cratinus, fils de Callimède, que l'on regarde comme l'auteur de la première pièce satirique jouée sur le théâtre. Athénée-et plusieurs autres écrivains parlent avec éloge de-Platon , à cause de la richesse de son style. On lui attribue une comédie intitulée NT& MAKPA, la Longue Ait, à laquelle Plaute, dans sou zmphiryon, iloit pent + être : l'idée de

: (1) On attribue l'invention de la comédie à uü autte ;Epiehutmé fils de Tytire ou de Charmus ou de Chrimarigs, betger de Sicile. Jl, fut disciple de Pythagore. J e suis loin d'ajouter foi à l'existence de cet Épi= charme, qui me parait étre le méme dont par le Suidas, et dont il est question dans cette dissertation. + © 070 0097 007 5 1 8t

(23. Ækan. De Animal lih, VH, c.n... ...:. -

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la prolongation de la nuit pendant laquelle Hercule vint au monde. Cratinus servit de modèle à Eupolis, poéte athénien qui vécut sous le gouvernement d Apollodore, vers la 88, olympiade. Théophilus, contemperain d'Euripide ; Théognète , thessalien ; Phérécrates, athénien ,qui porta les armes sous Alexandre-le-Grand, et que plusieurs grammairiens regardent comme l'inventeur d'uu vers que l'on nommait pherécratien; enfin Eubulus, fils d'Euphranor, compatriote et contemporain de Pherécrates , qui travailla particulièrement dans le goût de la moyenne comédie , et que Plaute a imité plusieurs fois dans les Ménechmes , appartiennent aussi à l'ancienne comédie, ainsi que Théopompe, qu'il ne faut pas confondre avec Théopoinpe orateur, historien, et disciple de Socrate. De tant de poétes cités par Suidas , il ne reste que les noms, ou quelques légers fragments. Un seul a survécu, et c'est Aristophanes, qui florissait dans la

85* olympiadé , 437 ans avant notre ère, et de la fonda-

tion de Rome 317. Les Athéniens qui lui accordérent le droit de cité, concurent pour lui une si grande estime que, par un décret public, ils lu& décernèrent une couronne faite d'une branche de l'olivier sacré déposé dans la citadelle. Il ne nous est resté que onze de ses comédies. Ses compositions théátrales appartiennent à la fois à l'ancienne et à la moyenne comédie. Le soin qu'il prit de contenter les goûts du peuple d'Athénes , envieux du mérite des gens extraordinaires dont le poète faisait l'objet de ses plaisanteries, contribua sans doute 1. b

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‘aux défauts dé son style, trop souvent obscur, bas et trivial, rempli de fades équivoques, d’allusions fausses et peu dignes du théâtre. Malheureusement plusieurs de ces défauts se sont reproduits chez les auteurs qui cependant ont le plus travaillé à jeter les véritables fondements de la comédie. Ils sont principalement remarquables dans Plaute. Aristophanes a été jugé avec trop d'animosité par les uns, et célébré par d'autres avec trop d'enthousiasme. Il ne mérite pas moins d’être regardé comme un des poètes les plus distingués par leurs succès et par leurs talents dans l'art dramatique, sur lequel nous allons pousser plus loin nos recherches ; mais, pour bien connaitre l'origine de la comédie, il est indispensable de recourir aux mémoires de l'abbé Vatry, t. VIII, XVI et XXI des Mémoires de littérature de l'académie des Inscriptions.

. Dés que la licence de l'ancienne comédie eut été refrénée, les auteurs dramatiques substituérent d'autres noms à ceux des personnages qu'ils mirent en scéne; mais ils les peignirent avec tant de ressemblance qu'il était impossible de lef méconnaitre. Cette seule différence fit donner à l'art théátral de cette époque le nom de moyenne comédie. | Aristophanes dans ses dernières pièces, Mnésimachus, Épicratés et quelques autres , sont les principaux poétes qui se firent remarquer en ce genre. Les excès auxquels ils se livrèrent mirent encore dans la nécessité de porter une loi qui, bannissant du théátre toute imitation per-

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