SCENE I
(ou PLUTÔT SCÈNE 11 DU MÉME ACTE.)
ARGYRIPPE, DÉMÉNETE, PHILÉNIE, CLÉÉRETE, plusieurs esclaves. -
. ARGYRIPPE.
Auxoss, mon pére, asseyons - nous.
DÉMÉNÈTE.
Mon fils , je ferai tout ce qu'il te plaira.
ARGYAIPPE.
Jeunes gargons, mettez le couvert.
DÉMÉNÈTE.
Ne seras-tu pas fâché, mon fils, si ta maitresse prend place à mes côtés?
ARGYRIPPE.
Ma tendresse pour vous, mon père, me défend de le voir d'un mauvais œil; quoique j'aime beaucoup Philénie, je prendrai sur moi de ne pas m'affliger en la voyant assise auprès de vous.
DÉMÉNÈTE.
Argyrippe, un jeune homme doit toujours être respectueux.
ARGYRIPPUS.
Edepol , pater , Merito tuo facere possum. | | | | ,DEMAENETUS. - Age ergo, hoc agitemus convivium Vino et sermone suavi : nolo ego metui , amari mavolo, Mi gnate, me abs te.
ARGYRIPPUS.
Pol ego utrumque facio, ut aequum est filium. | DEMAENETUS.
Credam istuc, si esse te hilarum videro.
ARGYRIPPUS.
An tu esse me tristem putas?
DEMAENETUS.
Putem ego? quem videam aeque esse moestum , ut quasi dies si dicta sit. | ARGYRIPPUS.
Ne dixis" istuc. ; DEMAENETUS.:
Ne sic fueris, illico ego non dixero.
ARGY RIPPUS. | Hem ! adspecta : rideo. mm
Utinam, male qui mihi volunt, sic rideant !
ARGYRIPPUS. L Scio equidem quamobrem me, pater, tu tristem credas nunc tibi;
L'ASINAIRE. ACT. V. SCÈN.L 877
ARGYRIPPE.
Assurément, mon père, je le serai comme vous le méritez.
DÉMÉNÈTE.
Courage égayons le festin par le vin et par les bons mots. Je ne veux pas que tu me craignes; j'aime mieux être aimé de toi, mon cher enfant. |
ARGYRIPPE. j Aussi, je vous crains et je vous aime, ainsi que lé devoir d'un fils l'exige. .
DÉMÉNÈTE.
Je le croirai, si je te vois plus gai.
ARGYRIPPE.
Pensez-vous que je sois triste ?
DÉMÉNÈTE.
Si je le pense? tu me parais aussi inquiet que le jour d'une condamnation. :
Ne dites pas cela.
Si tu ne quittes cet air rêveur, je ne puis m'empêcher de le dire. | ARGYRIPPE.
Ho! regardez-moi, je ris.
DÉMÉNÈTE.
Que ne vois - je rire d'aussi bonne grâce ceux qui me veu- lent du mal !
ARGYRIPPE.
Je sais bien, mon pére, pourquoi vous croyez que jg Suis triste; c'est parce que Philénie est à vos cótés : pourtant, à
Quia istaec est tecum : atque ego quidem, hercle, ut verum tibi dicam, pater, Ea res male habet : ac non eo, quin tibi non cupiam quae velis :
Verum istam amo : aliam tecum esse equidem facile possim perpeti.
DEMAENETUS.
At ego hanc volo.
' ARGYRIPPUS.
Ergo sunt quaeexoptas : mihi quae ego exoptem volo. DEMAENETUS.
Unum hunc diem perpetere, quoniam tibi potestatem dedi, Cum hac annum ut esses, atque amanti argenti feci copiam.
ARGYRIPPUS.
Hem istoc me facto tibi devinxti.
DEMAENETUS.
Quin te ergo hilarum das mihi?
vous dire vrai, mon cœur éprouve je ne sais quoi; non pas que e ne souhaite ce que vous voulez, mais c'est que j'aime.
Philénie, et j'aurais plus de plaisir à en voir une autre auprès de vous.
DÉuRwNE Tx.
Et moi , je ne veux que celle-là.
ARGYRIPPE.
Vous avez donc, mon père, ce que vous désirez . je vou-
drais pouvoir en dire autant. - | DÉMÉNÈTE.
Un jour est bientôt passé; je t'ai permis de l'aimer pendant toute l'année, et tu n'as qu'à te louer de l'empressement que j'ai mis à te procurer de l'argent.
; ' ARGYRIPPE.
Aussi, je vous serai teujours reconnaissant.
| DÉMÉNÈTE..
Pourquoi donc ne me témoignes-tu pas plus de satisfaction. ?
. 880. ASINARIA. ACT. V. SCEN. El.
SCENA IL
( nEcTIUS SCENA III. )
ARTEMONA, PARASITUS, DEMAENETUS, ARGYRIPPUS, PHILENIUM.
ARTEMON A.
Arv! tu, meum virum hic potare, obsecro, cum filio? Et ad amicam detulisse argenti viginti minas ? Meoque filio sciente id facere flagitium patrem? PARASITUS.
Neque divini, neque mi humani posthac quidquam adcreduas , S0 2 noc Ártemona, si hujus rei me esse mendacem inveneris. ' ARTEMONA.:" v n».
At scelesta ego, praeter alios meum virum fui rata Siccum , frugi , continentem , amantem uxoris maxime. PARASITUS.
At nunc dehinc scito , illum ante omnes minimi mortalem preci :
Madidum , nihili, incontinentem, atque osorem uxoris suae.
ARTEMON A.
Pol ni vera ista essent, numquam faceret ea quae nunc
facit.