‹ Théâtre complet (volume 2)Chapitre 16 sur 96 · FALAISE DE NORMANDIE · texte numérisé non relu

FALAISE DE NORMANDIE

— Voulez-vous de la mer saluer un miracle, Disait-il; voulez- vous contempler un spectacle Digne d'être chanté dans un vers éloquent? Partez un jour, gagnez les côtes de Fécamp; Sur la grève en talus que le flot escalade, Allez voir Étretat, maritime peuplade, Assise obscurément sur les mêmes galets Où la Gaule romaine eut son dernier relais. Choisissez l'équinoxe : au printemps, à l'automne. Octobre, quand j'y fus, chargeait son ciel qui tonne. C'est alors que la mer, à ses plus bas niveaux. Livre à l'explorateur l'accès de ses caveaux.

Au pied du terrain blanc des normandes falaises, Murailles qui font face aux murailles anglaises, Mille creux sont ouverts, qui, de leur seuil béant. Absorbent chaque jour et rendent l"Océan. Aux heures où le flot, que le reflux emporte, De ces antres vidés abandonne la porte, Descendez au rivage, et, longeant sa paroi. Entrez : Tétonnement est presque de l'effroi!

Là, se dérouleront devant vous des arcades, Des voûtes, d'où les eaux retombent en cascades, Des grottes dont les blocs, minés et crevassés. Pendent affreusement sur vos fronts menacés. Marchez toujours : la roche aux assises énormes Affecte des aspects, des caprices, des formes Tels que le voyageur se demande, surpris. S'il n'a point dans un songe égaré ses esprits. « Quelles sont, pense-t-il, ces triomphales arches? A quelle nécropole aboutissent ces marches? Va-t-on par ces degrés au fond des cachots noirs Que les rois féodaux creusaient sous leurs manoirs? Une arène m'invite à ses bancs circulaires : Rome eut-elle en ce lieu des fêtes consulaires? Ses combats de lions et de gladiateurs

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