‹ Théâtre complet (volume 3)Chapitre 117 sur 358 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

ADHÉMAR

Tout s'explique. Je vous prie de croire que je ne suis pour rien...

CATHERINE

Mais, encore un coup, vous n'êtes pas en cau«e, monsieur; s'il faut tout vous dire, je suis nerveuse parce que je viens de mettre à la porte. . . un insolent.

ADHÉMAR, vivement.

On vous a insultée? qui?

CATHERINE

Vous m'en demandez trop.

ADHÉMAR

Mais il me semble que cela me regarde un peu. Je suis ici le seul représentant de la famille; qui vous manque, nous manque à tous, et je ne soulhirai pas...

CATHERINE

Calmez-vous, c'est un fournisseur...

ADHÉMAR

Alors, ma petite rodomontade est assez ridicule.

CATHERINE

Non pas... Elle m'a fait plaisir... Franchement, je ne m'y attendais pas.

ADHÉMAR

Vous avez donc bien mauvaise opinion de moi ?

CATHERINE

J'en avais une assez médiocre, j'en conviens; mais je ne demande qu'à revenir.

ADHÉMAR

Je vous en prie, car vous m'êtes très-sympathique, et je

serais heureux de pousser avec vous la parenté jusqu'à l'amitié .

CATHERINE

On ne le dirait guère à la rareté de vos visites.

ADHÉMAR

J'ai peut-être une bonne raison pour ne pas venir plus souvent.

Je ne comprends pas.

ADHÉMAR

Ce n'est pas clair, en effet. Au fait, pourquoi ne prendrais-je pas les devants sur M. de Sainte-Agathe? — Mademoiselle, j'ai l'honneur de vous demander votre main

CATHERINE, tristement.

Vous aussi!

ADHÉMAR

On ne m'a pas envoyé à Paris pour autre chose.

CATHERINE, assise près de la table.

Mais je ne veux pas me marier!

ADHÉMAR

Soyez tranquille, moi non plus.

CATHERINE

Pourquoi êtes-vous venu, alors ?

ADHÉMAR, s'asseyant ea face d'elle.

Je vais vous dire : je nourrissais une folle envie de voir Paris. N'est-ce pas absurde, à vingt-cinq ans, de ne pas connaître la grand' ville?

CATHERINE

Vous n'avez que vingt-cinq ans? On m'avait dit vingthuit.

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