‹ Théâtre complet (volume 3)Chapitre 139 sur 358 · SCÈNE IX · texte numérisé non relu

SCÈNE IX

Les Mêmes, CHAMPLION.

Madame Hélier se lève et se met à servir le thé. PRÉVENQUIÈRE.

Nous commencions à désespérer de vous voir, monsieur.

MADAME HÉLIER, à part.

Comme il est jeune!

PRÉVENQUIÈRE.

Permettez-moi de vous présenter à ma femme.

OCTAVIE, le faisant asseoir près d'elle.

Mon mari était en train de nous raconter quelques-unes de vos aventures. C'est vous dire, monsieur, avec quelle impatience nous vous attendions.

CHAMPLION.

Pour interrompre la narration ? — J'espérais arriver plus tôt, madame; mais je viens de faire une conférence, qui s'est prolongée plus que je ne pensais.

PRÉVENQUIÈRE.

Vous vous en êtes Lien tiré?

CHAMPLION.

A peu près... grâce au verre d'eau sucrée qui me servait de contenance quand je m'embrouillais... ce qui m' arrivait souvent. Mes auditeurs ont dû croire que je rapportais d'Afrique une furieuse soif.

220 LIONS ET RENARDC-.

ADHÉMAR

Vous ne devez pourtant pas être timide.

CUAMPLIOX.

Qui ne l'est pas un peu?

PRÉVENQUIÈRE, à Adhémar.

Je voudrais bien vous voir en face d'un auditoire, vous.

ADHÉMAR

Oh! moi, ce serait bientôt fait... Je ne dirais pas un mot.

OCTAA'IE, à Cliampliori.

Une tasse de thé, monsieur?

CHAMPLION.

Merci, madame; je crois que je ne boirai rien de quelques jours.

OCTAVIE

Vous avez dû retrouver Paris avec plaisir?

CHAMPLION.

Ah! quelle ville! Je ne l'appréciais pas avant mon voyage... Tout m'y paraissait tout simple, et tout y est merveilleux, tout me ravit!

PRÉVENQUIÈRE.

Comme c'est ça!

CHAMPLION.

Les rues, les lumières, les boutiques, les omnibus surtout ! Je n'en rencontre pas un que je n'aie envie d'y monter.

ADHÉMAR, prenant une tasse de thé.

Il n'y en a pour ainsi dire pas dans le Wadaï?

Moi, à mon retour d'Egypte... je suis allé quinze fois de suite au spectacle.

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