‹ Théâtre complet (volume 3)Chapitre 149 sur 358 · SCÈNE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIERE

MADAME H E L I E R , assise et tricotant près de la cheminée ; puis-

CATHERINE

Grande nouvelle là-haut ! Octavie a reçu une invitation de

la duchesse!

MADAME HÉLIER

Enfin ! et c'est pour vous l'apprendre qu'elle vous faisait appeler ?

CATHERIXE,

Oui... et pour me consulter sur l'opportunité d'une visite préalable. Elle m'a donné une vraie comédie avec les petites tartuferies de sa joie : « Je ne veux pas faire de raideur avec la duchesse... Je ne veux pourtant pas non plus me jeter à sa tète ou plutôt à ses pieds! Qu'en pensez-vous ? » Moi, je lui ai conseillé gentiment ce qu'elle désirait, c'est-à-dire de courir chez madame de Morvan, et je lui ai même promis de l'accompagner.

MADAME HÉLIER

Elle n'ose pas y aller seule?

CATHERINE

Elle est si émue !

MADAME HÉLIER

Elle qui se moquait tant de la duchesse !

CATHERINE

Comme les poltrons du danger. Mais je ne l'ai pas chicanée là-dessus, et, quoique cette visite ne m'amuse guère... Bah ! tout m'amuse aujourd'hui.

A quelle heure irez-vous?

CATHERINE

Dés que madame la comtesse aura achevé sa toilette.

MADAME HÉLIER

Et la vôtre ?

CATHERINE

J'ai bien le temps ! Octavie ne sera pas prête de sitôt. Elle se prépare avec recueillement au grand acte qu'elle va accomplir.

MADAME HÉLIER

Pourvu qu'elle ne se couvre pas de bijoux?

CATHERINE

Non, non, elle est fine, elle médite une toilette tranquille. Elle aura très-grand air. Elle est vraiment bien belle; elle a beaucoup d'esprit au milieu de ses travers... et je crois que cette petite satisfaction de vanité va la rendre tout à fait, bonne.

MADAME HÉLIER

Vous êtes dans un jour de bienveillance.

CATHERINE

Il tait si beau temps ! Je me suis promenée ce matin une

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