‹ Théâtre complet (volume 3)Chapitre 200 sur 358 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

MARIE, descmdant le peiron.

Bonjour ! (Elle serre la main à JeanJ Tu eS SOrli de bonne

heure... à l'aube. En ouvrant ma fenêtre, je. t'ai vu traverser la lande avec tes cbiens.

Tu étais déjà sur pied, toi aussi?

MARIE

Je crois bien! En un jour comme celui-ci ! C'est un réveille-matin que le bonheur. Et pui:^, tant de choses à faire! Tes frères peuvent arriver, ils trouveront leurs chambres prêtes.

JEAN

Il me semble que tu pourrais bien dire nos frères...

LA COMTESSE

H a raison. (Marie se jette à son cou.) Chère fille !

MARIE, k Jean,

Eh bien : nos frères ! Es-tu content ? (au coate, lui tendant une lettre.) Une lettre pour vous, mon ami; le piéton vient de l'apporter à l'instant.

LE COMTE, brisant l'enveloppe et ouvrant la lettrp.

De maître Grimaud, mon notaire.

LA COMTESSE

Encore au sujet de la ferme de l'Hermenault?

LE COMTE

Il choisit bien son jour. (Lisant à haute Toix.) « Quimperlé, 15 octobre 1869. Monsieur le comte, l'affaire l'Hermenault, » c'est bien cela « est sur le point d'entrer dans une nouvelle phase; j'apprends à l'instant que madame de Montlouis est arrivée hier à son château, dans l'intention de terminer ellemême avec vous. J'ai tout lieu de croire que vous recevrez prochainement sa visite. Elle s'imagine sans doute qu'elle

3L0 JEAN DE THOMMERAY.

aura plus facilement raison de vous que de moi. Soyez sur vos gardes. Je vous l'ai dit, je vous le répète, la ferme ne vaut que 40,000 francs, elle en demande 60,000. » Bien obligé. « Elle en demande 60,000, mais elle a besoin d'argent. Tenez bon... » Des discussions d'intérêt avec une femme ! Non. J'avais envie de cette ferme, elle eût arrondi le domaine; mais 60,000 francs ! ce serait trop cher payer la convenance.

LA COMTESSE

Voilà une belle dame qui s'entend aux affaires...

JEAN

C'est donc un ancien procureur que cette madame de Montlouis ?

LE COMTE

Qu'elle ne se dérange pas. Nous en resterons là. Je ne tiens pas à la connaître. Je vais, sans plus attendre, écrire à son notaire que je renonce à Tacquisition.

LA COMTESSE

A la bonne heure !

LE COMTE, bas à la comtesse.

Laissons-les s'expliquer ensemble... (Bas à jeau.) Sois bon pour elle : rassure-la.

JEAN, de même.

La rassurer? Marie? Et que craint-elle?

CE COMTE, de même.

Si j'en crois ta mère, Marie se tourmente; elle se figure que tu ne l'aimes plus, oii que tu l'aimes moins, ce qui revient exactement au même.

SYLVAIN, ontraut par le fond.

Les métayers et les gars attendent dans l'avenue les ordres de M. le comte.

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