‹ Théâtre complet (volume 3)Chapitre 199 sur 358 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

LE COMTE

Bravo I

JEAN

Un coq de bruyère !

LE COMTE

A merveille !

JEAN

Et deux lièvres !

LE COMTE

C'est parfait!.. Nous supprimerons le veau gras.

LA COMTESSE

Comme tu as chaud ! Tu es tout en nage.

Elle lui essuie le froot.

Ah çà ! qu'est-ce que j'apprends ? Tu t'attristes, tu deviens songeur?..

JEAN

Moi, mon père?

LE COMTE

Je ne t'en ferais pas un crime. Ta position de fiancé ne laisse pas d'être embarrassante. Ta mère et moi nous le reconnaissions tout à l'heure. Tu as encore huit mois à attendre. Veux-tu aller passer quelque temps à Paris ?

JEAN, arec un moavemeat de joie.

A Paris?..

LA COMTESSE, à part, avec un mouvement d'effroi.

A Paris !

LE COMTE

Le retour de tes frères va te permettre de t'éloigner ; la

308 JEAN DE THOMMERAY.

maison ne restera pas vide en ton absence, ils occuperont ta place au foyer.

JEAN, joyeusement.

Je vous remercie, mon père.

LA COMTESSE, à Jeao, avec tristesse.

Tu te réjouis déjà à la pensée de nous quitter : on dirait que Paris t'attire.

LE COMTE, souriant.

Tandis qu'il vous effraie, n'est-ce pas ?

LA COMTESSE

Comme toutes les mères.

LE COMTE

Oui, la moderne Babylone, la ville de perdition!.. Mais soyez calme, il y a des âmes qui sont à l'abri de la contagion.

LA COMTESSE, à Jean.

Tu reviendras bien vite... Tu me le promets ?

JEAN

Oui, bien vite!

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