‹ Théâtre complet (volume 3)Chapitre 206 sur 358 · JEAN DE T HOMME RAY · texte numérisé non relu

JEAN DE T HOMME RAY

Ils sont officiers?

JEAN

Simples soldats, mais tous les deux avec la médaille militaire.

HORTENSE

Simples soldats?

JEAN

C'est une tradition de famille.

HORTENSE

Contez-moi donc cela. Tout ce que vous me dites m'étonne et m'intéresse. (S'asseyant sur nn banc, à gauche.) VoyOUS !

mettez-vous là ! J'adore les légendes.

JEAN

Oh ! m.adame, il n'est pas question de légendes, rien n'est plus simple. Le comte de Tliommeray, mon grand-père, avait fait la guerre de Vendée. Il s'était marié, il avait un fils et vivait dans la retraite. En 1814, quand la France fut envahie, il ne vit qu'une cause à servir, celle de la patrie menacée, il étouffa ses anciennes rancunes, il fit taire ses opinions et partit comme simple volontaire. Il se battit vaillamment, refusa toute récompense, et, la campagne terminée, il revint chez lui pour achever de vieillir à l'écart.

HORTENSE

C'était un galant homme que monsieur votre grand-père!

JEAN, fièrement.

Oui, madame. — Il enseigna de bonne heure à son fils ses devoirs envers le pays, et l'envoya à l'armée dès qu'il eut ses dix-huit ans. Il pensait que tout homme, en entrant dans la vie, doit payer sa dette; que rien ne peut l'en affranchir, pas plus le rang que la richesse, et que l'e.xcmple ne saurait venir de trop haut. En vieiUissant, il s'était fait

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