SCÈNE IL JEAN, ROBLOT
ROBLOT, se carrant sur le caQapé.
Qu'on est bien chez les autres !
JEAN
Hé bien, maître Roblot, vous n'allez pas aux courses?
ROBLOT
Ma foi, non! Je digère... Et puis m'est avis que vous avez peut-être besoin de votre conseiller intime.
JEAN, avec une légèreté afTeetée.
C'est possible; l'arrivée de mon père ne laisse pas de m'inquiéter. Ses dernières lettres me rappelaient instamment. J'ai bien peur qu'il ne vienne me chercher.
ROBLOT
Et par l'oreille encore.
JEAN
L'entrevue sera... laborieuse! Après tout, il fallait en
veçir là... J'ai épuisé tous les atermoiements. — Je ne voudrais pourtant pas me brouiller avec lui. — Qu'est-ce que je vais lui répondre?
ROBLOT
A votre place, moi...
JEAN
Parbleu I je suis curieux de savoir ce qu'à ma place, vous répondriez à papa Roblot.
ROBLOT
Je lui répondrais, à papa Roblot : «Tu veux que je retourne planter tes cboux? Je vaux mieux que ça, je trouve des truffes ! » Et je lui en mettrais quelques échantillons sous le nez.
JEAN
Ménagez donc vos métaphores, mon cher.
ROBLOT
Hé bien, sérieusement, quand vous prouverez, pièces en main, à monsieur votre père, que, grâce au tidèle Roblot, vous êtes en train de redorer votre blason sans forfaire à l'honneur, il finira par entendre raison.
JEAN
Ce n'est pas là que le bât me blesse. J'ai une fiancée en Bretagne.
ROBLOT
Oh!.. Yvoanette!
JEAN
Mademoiselle de Kéror, une adorable enfant avec qui j'ai été élevé, que j'aime comme une sœur...
ROBLOT
Et qui vous aime comme un frère!., mais c'est défendu, ces mariages-là!
JEAN
ROBLOT