ACTE TROISIÈME
JEAN
Les paroles sont données, et mon père n'entend pas rail lerie sur ce point.
ROBLOT
Quelle dot?
Est-ce que je sais!
A-t-elle un million?
JEAN
Non, certes !
ROBLOT, assis près de la taLle du milieu.
Alors, n'en parlons plus. Je refuse mon consentement. D'ailleurs, j'ai un autre parti en vue.
JEAN
Vous dites?
ROBLOT
La fille d'un banquier de nos amis; 1,300,000 francs de dot; physique très-suf lisant, famille honorable...
De quoi diable vous mèlez-vous, mon bon ami?
ROBLOT
De vos affaires, parbleu! Je ne fais que cela depuis trois mois et vous ne vous en trouvez pas plus mal, soit dit sans reproches. Si vous ne m'aviez pas confié vos 50,000 francs, que je vous ai quintuplés...
JEAN
Je vous remercie de l'intérêt que vous me portez, mais...
366 JEAN DE THOMMERAY.
KOBLOT.
Je ne vous porte aucun intérêt, monsieur le vicomte, vous ne me devez aucune reconnaissance.
JEATi", s'asseyaat ea face de lui.
Alors je ne comprends pas...
ROBLOT
C'est fort simple. Je suis un homme de génie, je crois vous l'avoir déjà dit, et comme tel, j'ai tout de suite reconnu ce qui me manque pour arriver vite et haut. Je suis de ceux qui doivent s'attacher à la fortune d'un autre. Or, les fortunes toutes faites n'ayant pas voulu de moi, je me suis rabattu sur une fortune à faire. Je vous ai rencontré ; vous avez tout ce qui me manque et je vous ai choisi...
JEAN
Pour servir de ballon à votre nacelle?
ROBLOT
Vous l'avez dit. Voilà pourquoi je vous gonfle.
JEAN, se levant.
Prenez garde de me gonfler d'orgueil, monsieur Roblot. Comment! j'avais l'honneur à mon insu...
ROBLOT
Ne dites pas l'honneur, monsieur le vicomte, dites le bonheur.
JEAN
L'un et l'autre, monsieur Roblot. Ah çà ! maintenant que je suis admis dans votre confidence, me direz-vous en quoi mon célibat vous gêne ?
ROBLOT
Volontiers. Vous n'êtes jusqu'ici qu'un joueur heureux, et ce qui vous vient par la flûte s'en va par le tambour. Il €st temps d'asseoir votre situation. Il nous faut une base d'o-