‹ Théâtre complet (volume 3)Chapitre 242 sur 358 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

JEAN, ROBLOT, BLANCHE, par k droite.

JEAN, allant aa-devant de Blanche.

Ah! mademoiselle...

BLANCHE, s'asseyant près de la table.

Vous VOUS attendiez à ma visite, monsieur le vicomte,

JEAN

Je la souhaitais, mademoiselle.

BLANCHE

Après votre envoi d'hier soir, vous n'en doutiez pas, avouez-le ; vous m'avez fait de la peine, monsieur.

ROBLOT, à part, au fond.

Le grand jeu?

JEAN

Je serais désolé, mademoiselle...

BLANCHE

Vous avez été maladroit et mal inspiré ! J'en aurais pleuré.

ROBLOT, s'avançant.

Si tu avais des larmes.

BLANCHE

Tiens, Caniche! (a Jean.) Vous connaissez Caniche?

JEAN

Je suis son meilleur aveugle.

BLANCHE, riant.

Très-joli! Je ris et je n'en ai pas envie. Dis-moi des bêtises, Léopold; j'ai le cœur gros.

ROBLOT

Bail! ça te fait cet effet-là... C'est comme un graia de sable qu'on a dans l'œil.

BLANCHE

Non, j'ai du chagrin... C'est bête comme tout! J'étais partie pour un roman ; c'est la première fois que ça m'arrive... patatras! un bijou! Je n'en veux pas, de vos pierres!

Je vous les rapporte. (EUe jette l'écrin sur la table.) SI c'sst pOUI

m'acheter, elles sont trop petites.

ROBLOT, à part.

Une vraie toquade!.. A-t-il une veine!..

JEAN, ouvrant l'écrin.

Vous n'avez donc pas regardé sous le peigne?

BLANCHE

Ma foi, non.., j'étais outrée!.. Qu'est-ce qu'il y a? (jean

retire de l'écrin un papier plié en quatre et le lui donne.) La factUre? (Elle pose son ombrelle sur le canapé pour ouvrir le papier.) DgS VCrS ! oll ! meS

enfants, des vers!

ROBLOT, à part.

Qu'il est jeune, mon Dieu !

BLANCHE, lisant, sur le canapé.

Dans vos cheveux plus blonds que la moisson dorée Et plus ondoyants qu'elle au souffle des zéphirs,

Laissez-moi, ma Blanche adorée, En guise de bluets semer quelques saphirs...

Oh! que c'est joli! que je suis contente! Des vers! on ne m'en avait jamais fait!

JEAN

Ils n'ont plus de sens si vous ne gardez pas le peigne.

BLANCHE

Je le garde maintenant! je le garde ! et je vous jure que je ne le mettrai jamais dans ma vente.

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