ACTE DEUXIÈME
PAUL
Ah! j'ai bonne mémoire; Je n'ai pas oublié, comme tu Tas pu croire, 0 îe plus dévoué, le meilleur des amis, A quelle cruauté d'enfant tu t'es soumis. Je compris tout à coup qu'en épousant Camille, Qu'en te donnant le droit de l'appeler ta fille, .le renouais, autant du moins qu'il est eu moi, L'alliance rompue entre sa mère et toi, Et je me consacrai sur l'heure à cette tâche, Heureux de retrouver à ma vie une attache,
FORESTIER, lui serrant la main.
Mon cher fils! — Eh bien, vois comme tout finit bien : En cherchant mon bonheur, tu rencontras le tien. — Mui qui me figurais ta guérison complète Quand tu me demandas la main de ma fillette!
Ils restent longtemps morts, vois-tu, les cœurs guéris D'un violent amour par un coup de mépris.
Le mot est dur, voyons! soit raison, soit caprice, Cette dame en rompant t'a rendu grand service.
PAUL
Plus grand que tu ne crois! Si tu savais qui c'est, Et quel piège le sort goguenard me dressait! Ah! c'est en y songeant que je me félicite De l'heureuse union par où je ressuscite. iMon bonheur est le fruit de son leste abandon, Et je lui dois plutôt des grâces qu'un pardon.