‹ Théâtre complet (volume 3)Chapitre 251 sur 358 · ACTE TROISIEME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIEME

HORTENSE

Demain ?

JEAN, souriant.

Pourquoi pas parle même train que vous, et dans le même compartiment?

UORTENSE.

0 mon Dieu, qu'y aurait-il de surprenant dans notre rencontre? Tout le monde ne va-t-il pas à Trouville? Mais je ne vous en demande pas tant. Vous prendrez le train de quatre heures.

JEAiN.

Il n'y a qu'une petite difficulté : c'est que je pars moimême ce soir pour la Bretagne.

HORTENSE

Pour la Bretagne ?

JEAN

Oui, ma mère sort d'ici...

HORTENSE

Votre mère est à Paris?

JEAN

Avec mon père.

HORTENSE

J'aurais été heureuse de les voir.

JEAN

Ils sont arrivés hier et retournent ce soir. Je les accompagne. Une absence de huit jours, pas plus. J'allais vous écrire.

HORTENSE

Ils viennent vous chercher. En effet! l'époque fixée pour votre mariage est arrivée. — Je vous défends de partir!

382 JEAN DE THOMMERAY.

JEAN

Là, là, mauvaise tête! Ne vous révoltez pas contre la plus grande preuve d'amour que je puisse vous donner. J'ai trouvé pour me dégager de ce mariage une combinaison qui satisfait à tout, mais qui demande un peu de diplomatie pour être agréée. Elle consiste à substituer mon frère François à tous mes droits de primogéniture, et par suite à la main de mademoiselle de Kéror.

HORTENSE

Oh ! vous êtes bon, Thomé ! Je suis une folle et une ingrate !

JEAN

Douterez-vous encore de moi?

HORTENSE

Non, je vous le jure. Il y a trois mois, si vous m'aviez offert un pareil sacrifice, je vous aimais trop pour l'accepter. Aujourd'hui je t'aime trop pour le refuser. — Par quel train partez-vous?

JEAN

Par le train de huit heures.

HORTENSE, reprenant son voile.

Vous n'avez pas trop de temps devant vous, je vous laisse.

JEAN, la retenant par la main.

Pas encore.

HORTENSE

Il faut que je rentre moi-même, il est tard. Adieu, Thomé! J'emporte votre promesse...

JEAN, l'attirant sur sa poitrine.

Adieu, bien-aimée; à bientôt... Tu es belle!

HORTENSE

Non... mais je t'aime...

Ses yenx rencontrent l'ombrelle que Blanche a oubliée sur Je «aoepé; >»« regards de Jean suivent les siens.

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