‹ Théâtre complet (volume 3)Chapitre 252 sur 358 · ACTE TROISIEME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIEME

JEAN, à part.

L'ombrelle de Blauche!

HORTENSE, ee dégageant des bras de Jean.

• C'est votre mère qui sort d'ici ?

JEAN, troublé.

Ne vous l'ai-je pas dit?

HORTENSE, prenant l'ombrelle et la lui présentant.

Et c'est à elle, cela? Répondez!

JEAN, après nue bésitation.

Non!..

11 prend l'ombrelle, la brise et la jptte au fond de la chambre. HORTENSE.

A qui alors?

JEAN

Ne m'interrogez pas, je vous en conjure. Vous n'avez rien redouter de la personne à qui cela appartient, je vous en donne ma parole d'honneur.

HORTENSE

Son nom?

JEAN

Ma parole d'honneur ne vous suffit-elle pas?

Est-ce qu'un homme se fait scrupule de mentir à une femme !

JEAN

Et moi je ne permets pas même à une femme de douter de mon i.çrment.

HORTENSE

Vous n'avez rien de plus à me dire pour votre justification?

384 JEAN DE THOMMERAY.

JEAN

Rien. Et si j'avais quelque chose, je ne le dirais pas.

HORTENSE

Adieu, monsieur. (Fausse sortie.) Dites-moi que c'est un égarement d'un jour, une surprise des sens, et je vous pardonnerai peut-être !

JEAN

Eh bien, oui, je suis entouré de tentations, mais je n'aime que vous. — Cette femme ne remettra plus les pieds ici. — Je viens de rompre une intrigue à peine eagagée. — Mais croyez-moi donc! Il ne tenait qu'à moi de vous donner le change...

HORTENSE, leatement.

C'est vrai. — Je me fie à votre loyauté, monsieur de Thommeray. Quand vous ne m'aimerez plus, ayez le courage de me le dire; j'aurai le courage de l'entendre. Mais ne me trompez jamais; que je puisse au moins vous estimer toujours. Il ne faut pas que votre mère attende ; adieu.

Elle se dirige vers le porte de droite. JEAN, raccompagnant.

A bientôt.

HORTENSE, tristement.

Oui, à bientôt.

Elle lui donne la main et sort.

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